‹ ŒuvresChapitre 180 sur 212 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

ÉRASTE, CRISPIN

ÉRASTE , ouvrant la lettre.

Il est entré. Lisons,...

« Vous serez surpris du parti que je prends; mais l'esclavage où je me trouve devenant plus dur chaque jour, j'ai cru qu'il m'était permis de tout entreprendre. Vous, de votre coté , essayez tout pour me délivrer de la tyrannie d'un homme que je hais autant que je vous aime. »

Que (lis-tu , je te prie , De tout ce que lu vois , et de cette folie ?

CRISriN.

J'admire les ressorts de l'esprit féminin Quand il est agité de l'amoureux lutin.

ÉRASTE

Il faut que cette nuit, sans plus longue remise , Nous fassions éclater quelque noble entreprise , Et que nous l'arrachions, Crispiu, d'un joug si dur,

CRISPIN

Vous voulez l'enlever ?

ÉRASTE

Ce serait le plus sûr Et le plus prompt.

a82 LES FOLIES AMOUREUSES.

CRISPIW.

D'accord. Mais , vous rendant service.

Je crains après cela...

ÉRASTE

Que crains-tu ?

CRISPIW.

La justice.

ÉRASTE

C'est pour nous épouser.

CRISPIN

C'est fort bien entendu ; Vous serez épousé; mol, je serai pendu.

ÉRASTE

Il me vient un dessein... Tu connais bien Clitaadre?

CRISPIÎf.

Oui-da.

ÉRASTE

D'un tel ami nous pouvons tout attendre : Son château n'est pas loin; c'est chez lui que je veux Me choisir un asile eu partant de ces lieux. Là , bravant du jaloux le dépit et la rage, î^ous disposerons tout pour notre mariage. La joie et le plaisir régnent dans ce séjour, £t nous y conduirons et l'hymen et l'amour.

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