SCENE IV
AGATHE , en vieille ; LISETTE , ÉRASTE.
AGATHE
Bon jour, mes doux amis: Dieu vous gard', mes enfans. Eh bien! qu'est-ce ? comment passez-vous voire tems ? Que le ciel pour long-temps la sauté vous envoie , Vous couserve gaillards, et vous maintienne eu joie. Le chagrin ne vaut rien , et ronge les esprits. Il faut se divertir, c'est moi qui vous le dis.
ÉRASTE
Je la trouve charmaute; et, malgré sa vieillesse. On trouverait encore des retotirs do jeunesse, 2. 2i5
3ç>o LES FOLIES AMOUREUSES.
AGATHE
Uo! vous me regardez! vous êtes ébaubis
De me trouver si fraîche avec des cheveux gris.
Je me porte encor mieux que tous tant que vous êtes.
Je fais quatre repas , et je lis sans lunettes ;
Je sirote mon vin, quel qu'il soit, vieux, nouveau;
Je fais rubis sur l'ongle , et n'y mets jamais d'eau :
Je vide gentiment mes deux bouteilles.
CRISPIN
Pe5te !
AGATHE
Oui vraiment, du Champagne encor, sans qu'il eu reste. On peut voir dans mabouche encortoutes mes dents. J'ai pourtant, voyez-vous , quatre-vingt-dix-huit ans , "Vienne la Saint-Martin.
tlSETTE.
- La jeunesse est complète.
AGATHE
Tout antaut : mais je suis encore verdelette ; Et je ne laisse pas , à l'âge où me voilà , D'avoir des serviteurs, et qui m'en content, dà. Mais vois-tu ; mon ami ! veux-tu que je te dise ? Les bommes d'aujourd'hui, c'est piètre marchandise. Ils ne valent plus rien ; et pour en ramasser , Tiens , je ne voudrais pas seulement me baisser.
ÉRASTE , bas , a Albert.
De ces vapeurs souvent est- elle travaillée ?
ALBERT , bas , à Éraste.
Hélas ! jamais. 11 faut qu'on l'ait ensorcelée