‹ ŒuvresChapitre 194 sur 212 · ACTE III , SCENE X. ^yj · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE X. ^yj

Je te trouve à propos , et vieus te dire adieu. J'ai trouvé de l'argeut poUr faire ma campagne : Et cette nuit enfin je pars pour l'Allemague.

ALBERT

Ciel ! quel égarement !

AGATHE

Parbleu , les officiers Sont malheureux d'avoir affaire aux usuriers ; Pour tirer de leurs mains cent mauvaises pistoles, Il faut plus s'intriguer, et plus jouer de rôles ! Celui qui m'a piété son argent, je le tieu Pour leplus grand coquin , le jilus juif, lé plus chien , Que l'ou puisse trouver en affaires pareilles; Je voudrais que quelqu'un m'apportât ses oreilles. Enfin me voilà prêt d'aller servir le roi ; Il ne tiendra qu'à toi de partir avec moi.

ÉRASTE

Partout où vous irez je suis de la partie.

C bas , a Albert. J II faut avec prudence entrer dans sa mauie.

Je quitte avec plaisir l'étendard de l'Amour : Je puis sous ses drapeaux aller loin quelque jour ; J'ai mille qualités , de l'esprit , des manières ; Je sais l'art de réduire aisément les plus fières : Mais quoi ! que voulez-vous? je ne suis point leur fait; Le beau sexe sur moi ne fit jamais d'effet. La gloire est mon penchant , cette gloire inhumaine A son cliar éclatant en esclave m'enchaîue.

3oo LES FOLIES AMOUREUSES.

Ce pauvre sexe meurt et d'amour et J'eunui , Sans que je sois tenté de rieu faire pour lui. Plus de délais; je cours où la gloire m'appelle.

( à Crispin. ) Amène mes chevaux. L'occasion est belle , Partons , courons , voîons.

f Eraste parle bas a Agathe J CRiSPlJf , à Albert.

Je ne la quitte pas , Et suis prêt à la suivre au milieu des combats. C Albert surprend Éraste parlant bas a Agathe. J . ÉRASTE , a Albert.

J'examinais ses yeux. A ce qu'on peut comprendre Quelque accès violent sans doute va la prendre, Lequel sera suivi d'an assoupissement :

Ordonnez qu'on apporte un fauteuil vitement.

AGATHE

Qu'il me tarde déjà d'être au champ de la gloire , D'aller aux ennemis arracher la victoire ! Que de veuves en deuil ! Que d'amantes en pleurs ! Enfans , suivez-moi tous ; ranimez vos ardeurs . Je vois dans vos regards briller votre courage ; Que tout ressente ici l'horreur et le carnage. La baïonnette au bout du fusil. Ferme ; bon ; Frappez. Serrez vos rangs; percez cet escadron. Les coquins n'oseraient soutenir votre vue. Ah ! marauds , vous fuyez 1 Non , point de quartier ; lot f elle tombe comme, évanouie dans un/auteuil.J

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