ACTE m , SCENE X. 3oi
CRISPIIi.
Eu peu de temps voilà bien du- sang répandu.
ALBERT
Sans espoir de retour elle a l'esprit perdu.
CRISPIN
Tout se prépare bien ; je la vois qui repose.
fil parle a l'écart a Albert , tandis qu'Éraste parle
bas a Agatlie. J Son mal, à mon avis, ne provient d'autre chose Que d'une humeur coutrainte , un esprit irrité , Qui veut avec effort se mettre en liberté. Quelque démon d'amour a saisi sou idée.
i:.ISETTE.
Comment ! la pauvre fille est-elle possédée ?
CRISPIN
Ce démon violent , dout il faut la sauver ,
Est bien fort , et pourrait dans peu nous l'eulever.
Si j'avais un sujet , dans cette maladie ,
En qui je fisse entrer cet esprit de folie ,
Je vous répondrais bien ..
ALBERT
Lisette est un sujet Qui, sans aller plus loin , vous servira d'objet.
Je vous baise les maius , et vous donne parole Que je n'en ferai rien ; je ne suis que trop folle.
ÉRASTE , il Crlspin.
Bâtez-vous donc : son mal augmente à chaque instant.
3o2 LES FOLIES AMOUREUSES.
CRispiîr.
Malepeste! ceci n'estpas un jea d'eafant. Go ne saurait agir avec trop de prudence. Quand dans le corps d'nn homme un démon prendséaaee. Je puis, sans me flatter, l'en tirer aisément; Mais dans un corps femelle il tient bien autrement.
ÉRi-STE, à Alhert, Pour savoir aujourd'hui jusqu'où va sa science Je veux bien me livrer à son expérience. Je commence à douter de l'effet; et je croi Qa"il s'est voulu moquer et de vous et de mol. Je veux l'embarrasser.
CRISPflî.
Moi , je veux vous confondre , Et vous mettre eu état de ne pouvoir repoudre. Mettez-vous auprès d'elle. Eh! non; comme cela , Un genou contre terre, et vous tenez bien là . Toujours sur ses beaux yeux votre vue assurée , Votre raaiu dans la sienne étroitement serrée.
fa Albert. J Ne consentez-vous pas qu'il lui donne la maiu, Pour que l'attraction se fasse plus soudain ?
ALBERT
Oui, je consens à tout.
Tantmienx. Sans plus attendre.