CLITANDRE, ERASTE
CUTANDRE.
X u ne pouvais , ami , faire un plus digne choix ; Cette jeune beauté ravit , enlève , enchante : Aux yeux de tout le monde elle est toute charmante ; Et je te trouve heureux de vivre sous ses lois.
ÉRASTE
Je le suis d'autant plus , que, selon mon attente.
Je retrouve toujours le même cœur en toi,
Un ami généreux ; une ame bienfaisante ,
Qui prend à mon bonheur la même part que moi;
Et l'accueil qu'ici je jeçoi
Est uue faveur éclataute
Que je ressens couinie je doi.
3io LE MARIAGE DE LA FOLIE.
CLITANDKE.
Point de compliment , je te prie :
Nous sommes amis de longtemps;
Bannissons la cérémonie.
Je suis ravi de t' avoir dans un temps Où se trouve chez moi si bonne compagnie. Attendant que tes feux soient tout-à-fait contens ,
Pendant qne votre hymen s'apprête, A vous désennuyer nous travaillerons tous ;
Et nous honorerons la fête
Des amusemens les plus doux.
ÉRASTE
Tout respire chez toi la joie et l'allégresse;
Y peut-on manquer de plaisirs ?
A-t-on même le temps de former des désirs ? De tous les environs la brillante jeunesse A te faire la cour donne tous ses loisirs :
Tu la recois avec noblesse ;
Grand'chère, vin délicieux , Belle maison , liberté tout entière , Bals , concerts , enfin tout ce qui peut satisfaire
Le goût, les oreilles, les yeux.
Ici le moindre domestique
A du talent pour la musique ;
Chacun d'an soin officieux
A ce qui peut plaire s'applique.
Les hôtes même, en entrant au château.
Semblent du maître épouser le génie.
Toujours société choiîie ;