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SCENE IL 3i

ÉRASTE

Traître ! de quoi ris-tu ? dis.

CRISniT.

De votre embarras.

ÉRASTE

Prends-tu quelque plaisir à nie tenir en peine ? Qui nous a suivis ? parle : est-ce notre jaloux?

CRISPIN

Non pas , monsieur, ce sont des folles et des fous : Aux environs d'ici la campagne eu est pleine ;

En grande bande ils viennent tous ;

Et Momus , qui vous les amène , A fait de ce château le lieu du rendez-vous.

ÉRASTE

Mais toi-même es-tu fou ? dis-le moi , je te prie. Quel habit as-tu là ? que viens-tu nous conter ?

CRISPIN

Non, par ma foi , monsieur, ce n'est point rêverie;

Le Carnaval , Momus , et la Folie , Viennent avec leur suite ici vous visiter ; Et j'ai cru devant eux devoir me présenter.

En habit de cérémonie.

Suis-je bien?

clitAndre , a Éraste.

C'est sans doute une galanterie Que quelqu'un de la compagnie, Pour nous divertir mieux, a pris soin d'inventer: Chacun selon son goût chaque jour en fait naître. Allons voir ce que ce peut être.

3i4 LE MARIAGE DE LA FOLIE.

CRISPIN^

C'est la Folle en propre original , Vous dit-on ; de mes yeux moi-même je l'ai rue : Nous l'avons rencontrée au bout de l'avenue , Riant, dansant, chantant, avec le Carnaval , Avec Momus , tous trois suivis d'une cohue. Oh ! vous allez chez vous avoir un joli bal.

CLITANDRE

C'est justement ce que je pense.

On sent déjà l'effet de sa puissance.

Je ne vous dirai point ni comment ni par où ; Mais je sais bien qu'à sa seule présence Dans le château tout est devenu fou.

ÉRA.STE.

Oh ! pour toi je vois bien que tu n'es pas trop sage.

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