ACTE I , SCENE VI
Passer en plein midi les guérets , les campagnes; Dans les plus creux vallous fondre en désespérés. Percer rapidement les bois les plus fourrés , Ignorer où l'on va , n'avoir qu'un chien pour guide Puur faire fuir au cerf qu'uue feuille intimide; Manquer la bête enfin , après avoir couru; Et revenir bien tard , mouillé, las , et recru. Estropié souvent ; dites-moi, je vous prie» Cela ne vaut-il pas la peine qu'on en rie ?
AGÉSOR.
Ces occupations et ces nobles travaux Sont les ijmusemens des plus fameux héros ; Et, lorsqu'à leurs souhaits ils ont calmé la terre. Ils mêlent dans leurs jeux l'image de la guerre.
AGÉLAS.
Mais , sans trop témoigner de curiosité , Peut-on savoir quelle est cette jeune beauté ?
STRABOW.
De quoi vous mêlez-vous?
AGÉIÎOR.
Ou ne peut voir paraître Uu si charmant objet, sans vouloir le connaître.
STRABON
Allez courir vos cerfs, s'il vons plaît,
AGÉWOR.
Sais-tu bien A qui tu parles là ?
STRABON
jVIoi ? uoo , je n'en sais rien.
74 DÉMOCRITE
ACÉKOR.
Sais-tu que c'est le roi?
STRABOIÇ.
Le roi! soit. Que m'importe ?
AGÉNOR
Mais voyez ce maraud, de parier de la sorte!
STRABOX.
Maraud! Sachez, moDsieur,quecen'estpuintmonDom: Et, si vous l'ignorez, je m'appelle Strabon , Philosophe sublime autant qu'on le peut être , Suivant de Démocrite ; et vous voyez mou maître.
AGÉLAS.
Quoi ! je verrais ici cet homme si divin , Cet esprit si vanté , ce Démocrite enfin , Que son profond savoir jusques aux cieux élève !
STRABON
Oui, seigneur, c'est lui-même; et voici son élève.
AGÉLAS , à Démocrite.
Pardonnez, s'il vous plait , mes indiscrétions; Je trouble avec regret vos méditations : Mais la longue fatigue, et le chaud qui m'accable,.,
DÉ.^JOCRITE,
Tous venez à propos ; nous nous mettions à table ; Tous prendrez votre part d'un très-frugal repas ; Mais il faut excuser; on ne vous attend pas.
STRABOW , a Agélas , lui présentant la sporte. Ce sera de bon cœur, et saus cérémonie.
AGÉLAS.
De manger à présent je ne sens nulle envie;