‹ ŒuvresChapitre 47 sur 212 · ACTE II , SCENE I. Si · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE I. Si

Je sais qu'il vous adore, et qu'il n'ose à vos yeux. Par respect pour le roi , faire éclater ses feux.

ismène.

Je veux bien avouer qu'un manque cîe couronne Est l'uuique défaut qui soit en sa personne. Et qu'Agéuor aurait tous les vœux de mon cœur S'il était un peu moins sensible à la grandeur. Mais enfin, un cbagrin que je ne puis comprendre, Ma chère Cléanthis , est venu me surprendre ; Je le chasse , il revient; et je ne sais pourquoi Ce jour plus qu'aucun autre il cause mon effroi.

CLÉANTHIS.

On ne peut vous ôter le sceptre et la couronne , Et le rang glorieux que le destin vous donne : Je vous l'apprends encor, si vous ne le savez. J'en suis un peu la cause , et vous me le devez.

ismène.

Comment?

CLÉANTHIS.

Écoutez-moi. La reine , votre mère , Abandonnant Argos, où mourut votre père , Par un second hymen épousa le feu roi Qui régnait en ces lieux , mais avec cette loi , Que , si d'aucun enfant il ne devenait père , Du trône athénien vous seriez l'héritière , Et que son successeur deviendrait votre époux. La reine eut une fille; et, l'aimant moins que vous. Elle trouva moyen de changer cette fille , Et de mettre un enfant , pris d'une autre famille.

8j DEMOCRITE.

De ciêine âge à peu près, mais moribond , malsaia , Et qui mourut aussi , je crois , le leudemaio. Moi , j'allai cepeudaut, sans tarder davantage. Porter nourrir l'enfant dans un lointain village. Un pauvre paysan, que l'or sut engager. De ce furdeau pour moi voulut bien se charger. Je Ini dis que de moi l'enfant tenait naissance. Qu'il devait avec soin élever son enfance; Je lui cachai toujours son nom et son pays : Le pâtre crut enfin tout ce "que je lui dis. Quinze ans se sont passés depuis cette aventure. Votre mère a payé les droits à la nature ; Et depuis ce long temps aucun mortel, je crois , lS"a pu de cette fille avoir ni vent ni voix,

ISMÈNli.

Je sais depuis loug-temps ce que tu viens de dire; Ta bouche avait déjà pris soin de m'en instruire ; Ce souvenir encore augmente ma terreur.

Et vient justifier le trouble de mon cœur. !N'as-tu point remarqué qu'au retour de la chasse Le roi , rêveur, distrait , a paru tout de glace ? Ses regards inquiets m'ont dit son embarras; Il semblait m'éviter et détourner ses pas. Ah ! Cléanthis , je crains que quelque amour nouvelle l\e lui fasse...

CLÉAÎÎTHIS.

Ah ! voilà l'ordinaire querelle.

C'est une étrange chose : il faut que les amans Soient toujours de leurs maux les premiers instramcas.

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