‹ ŒuvresChapitre 57 sur 212 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

CLÉANTHIS, STRABON.

STRABOir.

Mais quelle est cette égrillarde Qui d'un œil curieux me tourne et me regarde ?

CLÉANTHIS, a part.

Voilà, certes, quelqu'un de ces nouveaux venus; Et ces traiîs-là me sont tout-à-fait inconnus.

STRABOjf , h part.

Mon port lui paraît noble , et ma mine assez bonne. La princesse a, je crois, dessein sur ma personne: Il ne faut point ici perdre le jugement , Mais en homme d'esprit tourner un compliment.

( haut. ) Madame , s'il est vrai , selon nos axiomes ,

98 DEMOCRITE.

Que tous corps ici-bas sout composés d'atomes. Chacun doit conveuir, en voyant vos attraits. Que le vôtre est formé d'atomes bien parfaits; Ces organes subtils , d'où votre esprit transpire. Avant que vous parliez, font que je vous admire.

CLÉA.NTHIS.

A votre air étranger on devine aisément...

STRA-BON

A mon air étranger ! parlez plus congrûment. Je suis homme de cour; et, pour la politesse, J'en ai, sans me vanter, de la plus fine espèce.

CLÉXNTHIS.

Un esprit méprisant ne m'a point fait parler.

Et tons nos courtisans voudraient vous ressembler,

STRABON

Je le crois.

CtÉA.NTHIS.

Je voulais par vous-même m'instruira Quel sujet, quelle affaire à la cour vous attire.

STRAB03N"

C'est par l'ordre du roi que j'y viens aujourd'hui ; Je suis, sans me vanter, assez bien avec lui: Le plaisir de nous voir quelquefois nous rassemble ; Et nous devons , je crois , ce soir , souper ensemble.

CT.ÉAITTBIS,

C'est un honneur qu'il fait à peu de courtisans.

STRABON

D'accord j mais il sait vivre, et connaît bien ses gens.

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