‹ ŒuvresChapitre 70 sur 212 · SCENE V; DÉMOCRÎTE, CRISÉIS, STRABON · texte numérisé non relu

SCENE V; DÉMOCRÎTE, CRISÉIS, STRABON

STaAEON , h jiart , à Démocrite.

Voilà , je vous le certifie , Uu fâcheux arguaient pour la plillosophie.

DÉMOCRITE , a Crisèis.

Le roi me charge ici d'un fort honnête emploi ; Et je n'attendais pas l'honneur que je reçoi. Il vient de m'ordonner de disposer votre ame A devenir sensible à sa nouvelle flamme: La charge est vraiment belle ; et pour un tel desseia Il ne me faudrait plus qu'un caducée en maiu Quels sont vos sentimens ? Que prétendez-vous faire?

CRISÉIS.

C'est de vous que j'attends un avis salutaire : Que me conseillez-vous de faire en cas pareil? Car je prétends toujours suivre votre conseil.

DÉMOCRITE

Ce que je vous conseille ?

Oui.

DÉMOCRITE , a part.

Je ne sais que dire.

( haut. ) Suivez les mouvemens que le cœur vous inspire.

n6 DÉMOCRITE.

cRisÉrs.

Ah ! que j'ai de plaisir que cet avis flatteur Se rapporte si bien au penchant de mou cœur! J'étais, je vous l'avoue, en une peine extrême. Et n'osais tout-à-falt me fier à moi-même. Je sentais pour le prince un mouvement secret, Et je ne savais pas si c'est bien ou mal fait; Maintenaut que je vois le parti qu'il faut prendre. Je puis, par votre avis, suivre un penchants! tendre»

DÉMOCRITE

Pour lui vous sentez donc cet appétit secret?...

( à part. ) J'ai bien peur d'être ici curieux indiscret.

CRISÉIS.

Quand le prince tantôt s'est offert à ma vue J'ai senti dans mon cœur une flamme inconnue; Tout ce qu'il me disait me donnait du plaisir; Ma bouche a laissé même échapper un soupir : Eu cessant de le voir, une tristesse affreuse Tout d'un coup m'a rendue inquiète et rêveuse; A son air, à ses traits j'ai pensé tout le jour. Je l'aime , si c'est là ce qu'on appelle amour.

STRABOTT.

Oui , voilà ce que c'est. Peste ! quelle ignorante! Vous êtes devenue en un jour bien savante ! "Vous n'aviez pas besoin tantôt de nos leçons^ Ni nous de nous étendre en définitions,

DÉMOCRITE

Enfin donc vous aimez?

Page 1