ACTE m, SCENE IV. ti
Votre cœur, je le sais, se ferme à la tendresse, (Ihacuu ne parvient pas à cet état heureux. C'est de moi que je parle , et je suis amoureux.
DÉMOCRITE
Vous êtes amoureux ?
AGÉtAS.
Oui.
DÉMOCRITE
Mais, dans cette affaire.
Ma présence , je crois , n'est pas trop nécessaire; Absent , comme présent , vous pouvez à loisir Suivre les mouvemens de ce tendre désir.
AGÉLAS.
J'adore Criséis , puisqu'il faut vous le dire.
STRABON , a part. Ali! ah! nous y voilà.
DÉMOCRITE
Bou ! bou i vous voulez rire !
Un grand roi comme vous , au milieu de sa cour , Voudrait-il s'abaisser à cet excès d'amour ? Que dirait , s'il vous plaît , tout votre aréopage ?
AGÉLAS.
Pour me déterminer j'attends peu son suffrage. Oui , belle Criséis , je sens pour vous un feu Dont je fais avec joie un éclatant aveu. Mais un cœur bien épris veut être aimé de même. Vous ne répondez rien,
CRISÉIS,
jUa surprise est extrême '
ii-i DÉMOCRITE.
D'eatendre cet aveu de la bouche d'un roi : Mon silence , seigneur, répond assez pour moi.
AGÉLÀS.
Ce silence douteux à trop de maux m'expose.
( à Démocrite. ) Vous, qui voyez le rang que l'amour lui propose. Secondez mes désirs , parlez en ma faveur.
DÉMOCRITE
Moi ! seigneur?
AGÉLAS.
Oui, je veux de vous tenir son cœur:
Vos conseils ont sur elle une entière puissance; Vantez-lui mon amour bien plus que ma naissance.
Par grâce , de ce soin , seigneur, dispensez-moi; Je n'ai point les talens propres à cet emploi ; Je suis un faible agent auprès d'une maîtresse; J'ignore le grand art qui surprend la tendresse : Votre amour, où vos soins veuleut m'iutéresser, Reculerait, seigneur, plutôt que d'avancer.
▲GÉLA.S.
Kon , j'attends tout de vous, je connais votre zèle. Un soin m'appelle ailleurs ; je vous laisse avec elle. Puis-je, pour couronner mes amoureux desseins , Mettre mes intérêts en de meilleures mains ? Je vous quitte.