DU ROI DE CHYPRE
sçavoient l les Jennevois. Et quant ils le couronnèrent à roy , il y eut grandes aliances de euls à luy et de luy à euls, qui ne se pèvent , ne doivent nullement brisier, et le dévoient les Jennevois luy et les hoirs qui de luy descenderont, par mer et par terre deffendre et garder contre tout homme , et parmy tant ils ont moult de seignouries et franchises ou royaulme de Chyppre ; car tout ce qu'ils firent et ont fait d'exaulcement et 2 d'avanchement 3 à ce roy Jacques , ce fut , est et a esté tousjours pour mieulx valloir et pour estre plus fors contre les Vénisciens et pour mieulx avoir la hantise et la congnoissance de leurs marchandises , dont ils sont grans facteurs entre les Sarrazins et ceulx de leur loy. Si mettoit et mist tousjours ce roy Jacques , tant que il vesquy , très-grant paine à complaire au roy de France et aux Franchois , moiennant les Jennevois , car ceulx-là en nulle manière il ne voulsist despasser , ne courrouchier. Et pour ce fîst-il en celle saison de celle belle nef d'or don et présent à l'Amourath-Bacquin pour avoir entrée d'amour et de seure congnoissance devers luy , lequel don et présent fut recueillie en très-grant joye et moult prisié du roy Basaach et de ceulx de son conseil, et veulent bien aucuns supposer que sire Dinde Responde moyenna toutes ces besoingnes et en escripvy aux Jennevois , car en celle manière-là et en autres ils rendirent grant dilligence et grant traveil à la délivrance de messire Jehan de Bourgoingne, conte de Nevers , et des autres barons de France, et à entamer et poursieuvir les traittiés 4.
Quant le duc Phelippe de Bourgoingne et la duchesse Margueritte sa femme 5 sentirent 6 que l'Amourath-Bacquin
1 Bien. — *-" D'avantage. — * Encommenchiés. — 58 Entendirent.