‹ ŒuvresChapitre 101 sur 134 · LE COMTE DE SALISBURY EST RETENU EN PRISON · texte numérisé non relu

LE COMTE DE SALISBURY EST RETENU EN PRISON

« tout prest de le combatre, présent le roy ou quant il « plairoit au roy assigner journée. » Et le fist le roy crier par ung hérault d'armes par les 1 lieux 2 de la salle , à quoy nuls ne s'apparut. Et quant le roy eut disné, il print vin et espices en la ditte salle, et puis ala en son retrait, et toutes gens se départirent, et ala chascun en son hostel là où il devoit aler.

Ainsi se porta la journée de la coronation du roy Henry, lequel demoura ce jour et la nuit enssieuvant et l'endemain au palais à Wesmoustier.

Vous devés savoir que le conte de Saslebéry ne fut point à ces solempnités, et mauvaisement y euist-il esté ; car on le teno.it en prison fermée et bonnes gardes sus luy. Et vouloit le conseil du roy et moult de nobles du pays et les Londriens que on luy trenchast la teste publicquement en la rue de Cep à Londres ; et disoient que bien l'avoit desservy quant il s'estoit avanchié de porter lettres de créance de par Richart de Bourdeaulx en France au roy et aux seigneurs de France , et avoit ledit conte porté et tesmoingnié que le roy Henry estoit fauls, mauvais et traittre, et que ce péchié et 3 malfait 4 ne faisoit point à pardonner, mais demandoit pugnition ' très-crueuse. Le roy Henry, comme doulx et sage prince, ne s'enclinoit point à le faire si tost morir ; mais en avoit aucunement pitié ; car le conte se excusoit et disoit que ce que fait en avoit, fut par l'ordonnance des quatre chevalliers dessus nommés qui décolés estoient. Le roy créoit assés tost icelles excusances, mais ceulx de son conseil n'y vouloient nullement entendre, et disoient, et aussi faisoient les Londriens, qu'il en morroit,

1 Six. — 2 De la dite ville et aussi. — 3"4 Mesfait.

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