PRÈS DE LA REINE D ANGLETERRE
joiaulx de par luy, et prindrent congié du roy assés amiablement, et le roy leur donna pour l l'onneur 2 de luy, car il se sentoit moult tenu au roy et à la royne de France, et leur dist au département : « Dites à tous ceulx qui cy vous « envoient, que la royne d'Angleterre n'aura jà mal, ne « encombrier, mais tendra tousjours son estât grant et bien « ordonné, ainsi comme à elle appartient, et joyra de tou- « tes ses droittures ; car pas ne doit congnoistre, ne sentir « les mutations d'Angleterre, ne les désolations aucunes, « se elles y sont ou ont esté. »
De ces paroles dittes de la bouche du roy Henry , se contemptèrent les deux chevalliers, et se départirent à tant de la court du roy et vindrent ce jour gésir à Dardeforde et l'endemain à Espringue et puis à Saint-Thomas de Cantorbie, et de là ils vindrent à Douvres, et, où que ils venissent et arrestassent, les officiers du roy à ce commis comptoient et payoient toute leur despense. .A Douvres ils montèrent en mer , et si bien exploittèrent qu'en brief terme ils arrivèrent à Boulongne, et puis 3 dilligentèrent tellement par leurs journées 4 que ils vindrent à Paris et trouvèrent le roy et la royne. Si leur recordèrent tout ce que 5 cy-dessus est contenu 6 et comment ils avoient exploittié. Si n'y sceut le roy, ne son conseil autrement pourveir, pour quoy les 7 besoingnes 8 demourèrent en cel estât. Toute ffois en continuant nostre matière, nous parlerons encoires ung 9 petit 10 d'Angleterre et des grans divisions qui journellement y sourdoient.
Plusieurs argumens et questions furent en Angleterre des nobles et des consauls des cités et bonnes villes, que
•*■ L'amour. — M Exploittèrent tant.— 5** Ce que vous avés oy. — 7 'Choses. — V° Peu des besoingnes.