AMBASSADE FRANÇAISE
(( au contraire, il est ainsi déterminé, vous courroucheriés « grandement le pays et vous mettriés en péril de vos « vies. » Les deux chevalliers respondirent que point ils ne vouloient brisier l'ordonnance qui faitte en avoit esté, mais, que ils l'euissent veu et parlé à elle, ils se contempteroient grandement et raetteroient au retour vers France.
Depuis ne demoura gaires de terme que le conte de Northombrelande les mena à Havringhes-le-Bourg devers la jeune royne d'Angleterre qui là se tenoit l à icelle heure 2. Et là estoient la duchesse d'Irlande, fille au seigneur de Coucy, et la duchesse de Glocestre et ses deux filles avecques elle , et aucunes dames de Excesses et damoiselles qui là estoient venues, lesquelles luy tenoient compaignie moult honnourablement.
Le conte de Northombrelande amena messire Charles de Labreth et 3 le seigneur 4 de Hangiers à Havringhes-le- Bourg devers la royne d'Angleterre, qui Jes recueilly doulcement et bénignement, et parla assés à eulx et demanda du roy de France son seigneur et père et de madame la royne sa mère, comment ils 5 le faisoient 6. Ils respondirent : « Bien, » et parlèrent à grant loisir ensemble, et tindrent bien ce que en convent orent ; car oncques ils ne ouvrirent leurs bouches pour parler du roy Richart. Et quant ils orent fait ce pour quoy ils estoient là venus, ils prindrent congié à la royne et s'en retournèrent à Londres. Depuis ils ne demourèrent mie par delà bien longuement et ordonnèrent leurs besoingnes, et tous leurs despens et coustages estoient comptés et payés par les officiers du roy 7, et se départirent de Londres et vindrent à Eltem, et disnèrent 8 devers 9 le roy, qui leur fist donner et présenter de beaulx
*-* Pour l'heure. — 3-* Messire Charles. — 5-6 Se portoient. — 7 D'Angleterre. — 8-9 Delés.