ARMEMENTS EN FRANCE
CCCC, le roy de France, son frère le duc d'Orléans, leurs oncles et leurs consauls entendirent que les Anglois, gens d'armes et archiers, passoient la mer et se boutoient dedens Calais et dedens Guisnes, Hames, Oye l et Bavelinghem, et pourvéoient- de vivres et d'artillerie grandement les lieux. Si fut fait ung commandement par tout le royaulme de France à tous chevalliers et escuiers que tous fuissent pourveus pour monter à cheval et aler partout là où on les vouldroit mener et envoier. Tous se pourveirent et par espécial sus la frontière de Boulenois et de Guisnes et toute la marine.
En ce temps trespassa le duc Jehan de Bretaigne et demourèrent de luy deux fils et une fille. L'aisné fils, hoir de Bretaigne, avoit 2 plevié 3et fianchié pour sa 4 mouillier 5 ou temps advenir la fille seconde du roy de France ; car il ne pooit avoir la première pour la cause de ce qu'elle fut mariée en Angleterre ainsi que vous sçavés. Si luy avoit-on promis, et en furent les traittiés du dit mariage fais à Tours-en-Thouraine ; mais, pour 'marier la ditte fille plus richement à l'advis du roy et de son conseil, on la desmaria de l'oir de Bretaigne, et fut mariée en Angleterre, de quoy adont plusieurs seigneurs de France dirent, quant le cas fut advenu, que jà bien n'en vendroit.
Le duc de Bretaigne mort, conseillié fut et advisé ou conseil de France que le duc d'Orléans atout gens d'armes s'avaleroit sus les frontières de Bretaigne pour parler aux Bretons et aux consauls des cités et bonnes villes de Bretaigne et sçavoir comment ils se vouldroient maintenir de leur hoir, et leur requerroit que on luy délivrast, si le amenroit en lostel de France.
1 Melch.. Marc. — "-" Plesgié. — M Femme.