‹ ŒuvresChapitre 114 sur 134 · COMPLOT ET PRISE D'ARMES · texte numérisé non relu

COMPLOT ET PRISE D'ARMES

nion, et qu'ils yroient veoir le seigneur de1 Bercler 2 et cherceroient 3 oultre 4 la rivière de Saverne. Ils furent mal conseilliés quant ils se départirent l'un de l'autre, car ils furent plus foibles.

Le conte de Hostidonne qui estoit arresté en la ville de Souxestre, volt traittier devers le bailly et ceulx de la ville , et leur dist que le roy Richart estoit délivré , et Favoient les Londriens délivré , et que dedens deux jours il seroit là. Le bailly qui moult avoit assamblé de ceulx du pays, disoit que 5 le contraire estoit vérité et qu'il avoit oy nouvelles certaines du roy Henry et des Londriens, sus lesquelles il convenoit que il exploittastà diligence. Quant le conte de Hostidonne oy ces nouvelles, il mua couleur, et vey bien que il estoit déceu, et s'en retourna et s'arma et fist armer tout ce que il avoit de gens, et se advisa que de fait et par bataille il conquerroit ces villains 6 et feroit mettre la ville en feu et en flambe pour plus 7 eshider 8le pays. Le bailly de Souxestre, d'autre part, se hasta de pourveoir à ce, et fist venir toutes gens, arehiers et autres, en la place , et se trouvèrent bien deux mille hommes, et le conte de Hostidonne et le conte de Kent son nepveu n'en avoient point 9 plus de deux 10 cens. Toutesvoies ils yssirent hors de leurs hostels et se ordonnèrent par devant la porte pour commenchier la bataille, et commencèrent les archiers à traire les ungs aux autres tant que il en y ot du trait des blechiés et des navrés grant foison.

Le bailly et ses gens qui estoient grant nombre, vindrent à force sans eulx espargnier. car ils avoient du roy trèsespécial commandement que mors ou vifs ils fuissent pris.

11 Bercley. — 3"* Toute. — 5 Tout. — 6 Godailliers. — 7"8 Esbahir. — 910 Trois.

Si les 1 envahirent 2 de grant voulenté et de bonne emprise , et convint les gens du conte de Hostidonne et du conte de Kent retraire devers leurs hostels. Lebaillyet ses gens avironnèrent l'hostel de toutes pars là où les deux contes estoient, et y livrèrent tel et si aspre assault 3 que de force ils le conquisrent et entrèrent dedens. Et là y ot beaucoup de mors et de navrés.

On entendy à assaillir le conte de Hostidonne, car 4 bien se deffendoit comme chevallier vaillant qu'il estoit, mais ,1a force fut si grande sur luy qu'il ne la pot sourmonter, et fut 5 atteré et occis en armes, et aveuc luy son nepveu le jeune conte de Kent qui depuis fut moult plaint de plusieurs vaillans hommes en Angleterre et ailleurs, car il estoit jeune et beau fils, et moult envis se mist en celle compaignie, mais son oncle et le conte de Saslebéry luy boutèrent. Là présentement les hommes de Souxestre, qui estoient moult eschauffés sus eulx, leur trenchèrent les testes, et puis les misrent en deux paniers, et les envolèrent par ung vallet et ung cheval, ainsi que on porte marée , à Londres pour resjouir le roy et les Londriens.

Pareillement le conte de Saslebéry et le seigneur Despensier vindrent à celle conclusion, du lieu là où ils estoient aies ; car les hommes du pays, aveuc les chevalliers et escuiers que le roy y envoia, les prindent et leur trenchèrent les'testes et les envoièrent à Londres.

Encoires, pour ce fait, des alyés et accompaigniés aveuc euls en y ot beaucoup de exécutés, chevalliers et escuiers, et après tout ce demoura le pays assés en paix.

Quant ce vint sus le Pasque que on compta l'an mille

•-" Sourmontèrent. — 3 Et si dur. — 4 Très. — 5 Là.

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