XVI. — FROISSART
gne, maresclial de Rodes , et se boutèrent en la mer, et exploitèrent tant au vent et aux rymes, que ils arrivèrent au port de Matelin. Le mareschal fut là recueillie de tous les seigneurs de France et du sire de Matelin et de la dame à grant joye, et depuis qu'il fut là venu, il se y raffreschy par quatre jours, et au cinquiesme jour les gallées furent toutes prestes et chargies de l'ordonnance et des pourvéances xdes seigneurs de France, dont elles furent raffreschies.
Le conte de Nevers et les seigneurs de France qui avec luy estoient, prindrent congié à la dame de Matelin et la remerchièrent grandement, et aussi firent-ils le seigneur , de leurs biens fais et courtoisies, et à desseryir ensou temps advenir ; et par espécial le conte de Nevers qui chief estoit de tous, se disoitetobligoit de bonne voulenté à y estre grandement tenu. La dame à tous, comme bien pourveue 2, respondy sagement, et ainsi se firent les départies. Si entrèrent les seigneurs de France ens es gallées au port de Matelin , et, jusques à tant qu'ils furent dedens la mer, le sire de Matelin les convoia de parole et de veue, et depuis retourna arrière.
Les gallées et ceulx qui dedens estoient et qui les gouvernoient, orent le temps, le vent et la mer pour eulx , et exploitèrent tant qu'ils vindrent et arrivèrent sans dommage et sans péril en l'isle de Roddes et ou lieu commun où les gallées s'arrestent, qui 3 retournent de Chippre et de Baruth et des autres pors marins qui s'estendent sur les bondes des mers orientales. Quant ils furent venus au port, là estoient les seigneurs de Roddes en grant foison, lesquels sont et doivent estre vaillans hommes, car ils portent la croix 4 vermeille 5 en signifiance de la croix où Nostre-Seigneur Jhésu-Crist moru et prist peine pour les siens délivrer
4 Nouvelles. — * D'honneur. — s Viennent et. — 4JJ Blanche.