AMBASSADE HONGROISE A VENISE
et s'en vint tenir à Trévise et logier en ung moult bel hostel, et y fut plus de quatre mois \
Le conte de Nevers estant et demourant à Trévise ainsi que je vous compte, le roy de Honguerie, lequel estoit infourmé par les seigneurs de Roddes et par autruy de tout son estât et de 2 son convenant et comment il s'estoit amoyenné et appaisié par devers l'Amourath-Bacquin, voire moyennant deux cens mille flourins, qu'il devoit payer 3 pour sa rédemption tant pour luy comme pour les aultres seigneurs de France qui demourés estoient en vie, envoia devers son cousin ledit conte 4 ung évesque et ung de ses chevalliers en cause et signifîance d'amour et lettres et traittiés aussi moult certains devers les seigneurs de Venise, lesquels en avoient le gouvernement. Et estoient chargiés de par le roy de Honguerie 1 evesque et iesdis chevalliers de dire ainsi au conte de Nevers et de luy remonstrer les paroles telles que je vous diray , et bien s'en acquittèrent. Leurs remônstrances furent telles en disant ainsi ou sus tel fourme 5 en substance de paroles 6 :
« Monseigneur, nous sommes cy envoies de par nostre « très-redoubté seigneur le roy de Honguerie vostre cou- « sin , lequel 7 a entendu et voit bien selon les apparences « que vous estes mis tous à rachat et à finance devers le « roy Basaach son adversaire, de laquelle chose, au regard « de votre délivrance, il se contente grandement et se tient « bien à resjouy ; car autrement bonnement vous, ne les « autres , sans ce moien et traittié, ne poviés-vous yssir
1 D'un tenant ou environ sans en bouger, luy et tous les seigneurs de France qui aveques luy estoient. — * Tout. — s Ou avoir payé. — * De Nevers. — s-8 Et manière. — 7 Vous salue par nous, et voilà des lettres qu'il vous envoie, lequel.