RETOUR
Le conte de Nevers revenu et retourné en France du voyage de Turquie l par la manière et fourme qu'il est icydessus contenu 2, il se tint le plus du temps delés son seigneur et père et delés madame sa mère ; 3 et à la fois aussi estoit-il delés le roy et delés son frère le duc d'Orléans, qui voulentiers le ouoient parler des aventures de la Turquie et de la bataille de Nycolpoly et de sa prinse et de Testât et affaire de TAmourath-Bacquin, car très-proprement il en parloit, et ne se plaindoit nullement, ad ce que il monstroit par ses paroles, de l'Amourath, mais disoit que il Tavoit trouvé assés courtois et débonnaire et les plus prochains de son corps 4 ; et n'oublia pas à dire et à remonstrer au roy et aux seigneurs de France ausquels il adreschoit ses paroles, comment le dit roy Basaach, au congié prendre, quant il se départy de luy et de la Turquie, luy avoit dit que il estoit 5 né 6 en ce monde pour faire armes et pour tousjours conquerre avant, et ne vouloit que il et tous ceulx qui ses prisonniers avoient esté, ne se peussent encoires armer contre luy, car voulentiers il les 7 trouverait
* Où il avoit esté contre les Turs. — a Et déclairé, avec les seigneurs dessus dis. — V Et après ce qu'il s'y fut tenu un espace de temps , et qu'il eut visité les pays, terres et seigneuries de son dit père, luy prit voulonté d'aller devers le roy de France et devers monseigneur le duc d'Orléans , frère du roy : lesquels le recueillirent moult honnorablement et à grant joye ; et là fut moult festoyé de toutes les dames et seigneurs, qui avec le roy estoyent. Adont le roi et le duc d'Orléans, qui grant voulonté avoietit de le veoir, l'ouïrent voulontiers parler ; puis après luy demandèrent des nouvelles de Turquie et de la bataille de Nicopoli et des aventures qu'ils avoient trouvées par delà et de sa prise et comment il fut pris et de Testât et affaire de TAmorabaquin ; et lors le comte de Nevers leur rendit la réponse , car trèsproprement il en parloit et ne se plaingnoit nullement, à ce qu'il monstroit à ses paroles, de l'Amorabaquin , mais disoit qu'il l'avoit trouvé assez courtois et débonnaire, et le plus prochain de son corps . et qu'il le fit très-bien traittier et entretenir. — 38 Natif. — ' Verroit et.