‹ ŒuvresChapitre 32 sur 134 · NÉGOCIATIONS · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS

« cause et raison, s'ils s'en truffent et gabent ; car on laisse « les prélats et ceulx qui se nomment pasteurs l, trop con- « venir. Qui leur batteroit moult bien les dos et les ven- « très, on les metteroit à raison, ou ils s'i me tter oient d'euls- « meismes. »

Les clers de l'université de Paris qui là traveilloient en apprendant les Escriptures, ne po voient venir à bénéfices pour le fait de ce cisme de l'Eglise et pour ces papes, et entendoient voulentiers aux murmurations du pueple qui venoient de costé, et estoient tous resjouis de ce que le conte de Nevers en avoit rapporté et qu'il disoit que les Sarrazins et les Turs qui sont contraires de nostre loy, s'en truffoient et en faisoient leurs desrisions , et disoient : « En « bonne vérité, ils ont cause, et, se le roy de France et le « roy d'Allemaigne n'y pourvoient, les choses yront encoi- « res pis. Et, tout bien considéré, ceulx qui ont tenu le « neutre , se sont moult bien 2 acquittés 3 , et ainsi con- « vendra-il faire, qui vouldra avoir union en l'Eglise. »

Dit et remonstré fut en secret au roy de France de ceulx qui bien l'amoient et qui sa à santé à veoir désiroient, que l'oppinion commune du royaulme de France estoit qu'il n'auroit jamais santé, si seroit l'Église en autre estât 4, et luy fut remonstré sus telle fourme que on donna à entendre que le roy Charles son père, de bonne mémoire, ou lit de la mort, en avoit chargié son conseil , et faisoit doubte qu'il ne se fuist trop fort abusé de ces papes et de luy estre si tost déterminé, et en tenoit sa conscience à moult chargié. Le roy de France s'excusoit en disant : « Quant nostre « sire de père trespassa de ce siècle, nous estions encoires « moult jeune. Si avons creu le conseil de ceulx qui nous « ont gouverné jusques à ores ; et , se nous nous avons

1 De l'Église. — »-* Tenus. — * Et en union.

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