RELATIVES AU SCHISME
« abusé ' de folie 2, à euls en est la coulpe et non à nous. « Et puisque nous en sommes infourmés si avant , nous y « pourverrons 3 en telle manière que on s'en perchèvra « temprement. »
Le roy Charles de France senty et entendy trop bien ces paroles mieulx que oncques mais il ne euist fait , et disoit en soy-meismes et aussi à ceulx de son conseil de sa chambre que il y pourverroit , et en parla à son frère le duc d'Orléans, conte de Blois et de Vallois, lequel il eut tantost à sa voulenté, et ils orent aussi le duc de Bourgoingne, car quoyque il euist obéy à celluy qui se nomma et escripvy pape Clément, il n'y ot oncques ferme créance ; mais les prélats du royaulme de France et par espécial Guy de Roye, arche vesque de Rains, l'archevesque de Sens , l'archevesque de Rouen et l'évesque d'Othun l'avoient bouté et tenu en celle créance.
Or fut advisé ou destroit conseil du roy de France que, se ils vouloient remettre l'Église à point, il convenoit avoir l'accord de toute Allemaigne. Si furent envoies souffissans messages, chevalliers et clers de droit, desquels en fut l'un maistre Pierre 4 Playes , en ambassaderie en Allemaigne devers le roy de Boesme et d' Allemaigne, qui se escripvoit roy des Rommains. Et fut adont tant procuré par lesdis ambassadeurs que une journée fut assignée à estre le roy d'Allemaigne et son conseil et le roy de France et son conseil en la cité de Rains; et eurent en convenant les deux roy s d'y estre. Et à la fin que nuls cardinauls, prélats, arche vesques et évesques 5 de 6 costé ne leur peuissent brisier leurs propos et ymaginations qu'ils avoient de bien faire , on fist courir 7 une 8 renommée que
■"* Ou folié. — 3 Brièvement. — * De. — M Du. — 7-' Dire par commune.
ces seigneurs et roys et leurs consauls qui se dévoient trouver à Rains, celle assamblée se feroit pour traittier ung mariage du fils du marquis de Blanquebourg, frère au roy d'Allemaigne, et d'une fille que le duc d'Orléans avoit, et moiennant ces besoingnes, on parleroit d'autres matières.
En ce temps que ces traittiés se approuchoient et faisoient, trespassa de ce siècle en son hostel à l Avesnes 2 en Haynnau messire Guy de Chastillon, conte de Blois, et fu porté à Valenchiennes et ensévely en une chappelle à Saint-Franchois, église des Frères-Mineurs, et la chappelle où il fut mis, fut nommée la chappelle d'Artois. Vérité est que il en faisoit faire une très-belle et très-notable ou pourpris du clos desdis frères et assés près de là, où il cuidoit gésir, et sus celle entente il l'avoit fait de son vivant édiffier. Mais ce conte de Blois moru si endebté de toutes pars, et si petite ordonnance fut de ses biens que ses rentes et revenues ne peurent furnir ses debtes, et convint la contesse de Blois sa femme Marie de Namur renonchier à tous meubles , ne elle n'osa accepter le testament, ne point ne le trouva en son conseil, et se traist la ditte dame à son douaire de la terre de Chymay et de Biaumont, et les hiretages rallèrent où ils dévoient aler. Le duc d'Orléans eut la conté de Blois, car il en avoit payé du vivant du conte de Blois deux cens mille couronnes de France ; et les terres de Hollande et de Zéellande alèrent au duc Aubert de Baivière et conte de Haynnau, et les terres d'Avesnes et de Landrechies et de Louvion en Terrasse reschéirent à Jehan de Blois, que on dist de Bretaigne ; et, se ledit conte de Blois n'euist fait le vendage que il fist, il estoit son droit hoir 3 de la conté de
*-* Nesves. — 5 Et escauchier.