ANXIÉTÉ DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE
1 fort 2 espoventé 3 et non sans cause, et percheu bien que il estoit trahy. Si encommença de cryer à haulte voix après le roy. Je ne sçay se le roy l'ouy ou non , mais point ne retourna, et chevaucha tousjours moult fort devant luy, et ses gens le sieu voient.
Nous nous souffrirons ung petit à parler de ceste matière pour racompter de messire Jaques de Helly et de messire Jehan de Chastelmorant.
Vous sçavés , sicomme il est icy dessus contenu en nostre histoire, comment messire Jehan de Chastel-Morant et messire Jacques de Helly furent envoies en Turquie devers l'Amourath-Bacquin de par le roy de France et le duc de Bourgoingne , et comment ils exploittièrent. Quant ils furent retournés en France , ils furent voulentiers veus du roy , du duc de Bourgoingne et de la duchesse sa femme , pour tant que ils rapportèrent certaines nouvelles de Jehan de Bourgoingne , conte de Nevers , et des seigneurs 4 qui avec luy estoient prisonniers. Et dirent bien les deux dessus dis chevalliers qu'ils espéroient que le roy Basaach entenderoit légièrement à, traittié pour avoir la finance et raenchon de ses prisonniers ; car , ainsi que on luy avoit dit et remonstré par les plus espéciaulx de ses consaulx, se ces seigneurs de France qui ses prisonniers estoient , moroient en ses prisons , laquelle chose estoit bien taillie de advenir , car ils estoient hors de leur ayr et nourrechon , on n'en auroit riens , et par euls délivrer on en povoit avoir et extraire grant finance.
Sus ces paroles et 5 ordonnances 6 se advisèrent et arrestèrent le roy, le duc de Bourgoingne et la duchesse sa femme , 7 qui n'entendoit 8 à autre chose fors à viser
'-* Tout. *-3 Esperdu.. Espoenté. — * Franehois. — * • Remonstrances. — 7-' Que ils n'entenderoient.