‹ ŒuvresChapitre 5 sur 134 · MORT DU SIRE DE COUCY · texte numérisé non relu

MORT DU SIRE DE COUCY

et soubtillier nuit et jour comment on pourroit si bien exploittier, ne par quel traittié elle peuist ravoir son fils et son hiretier. Et disoit bien à la fois que la journée de la bataille des Turs contre les crestiens devant Nycolpoly avoit esté trop dure et trop felle et que trop luy avoit cousté, car elle y avoit eus mors trois siens frères chevalliers, vaillans hommes, que moult ayraoit, quoyque ils fuissent bastars. Le premier estoit le Hazle de Flandres, le second messire Louys de Vriese, et le tiers messire Jehan d'Yppre. Encoires en y avoit-il ung joeune et tout le mainsné, mais il estoit demouré.

Au voir dire, la duchesse de Bourgoingne, contesse de Flandres, avoit assés à penser, et tant pensa sus ces besoingnes parmy le moyen de son mary et de leur conseil qu'elle fut l resjouye 2 de ses 3 courous 4 et tribulations ; mais ce ne fut pas si trestost, car la chose gésoit en tel party que il la convenoit démener par sens et par advis et petit à petit.

En ce temps que je recorde, trespassa de ce siècle à Brusse en Turquie ce gentil et vaillant chevallier françois , messire Enguerran sire de Coucy, conte de Soissons et moult grant seigneur en France, et ne peult oncques messire Robert d'Esne, qui estoit envoyé devers luy de par la dame de Coucy, parvenir jusques à luy, qu'il ne fuist signifié sus son chemin de sa mort, et luy fut dit à Vienne en Austerice. Si retourna sus ces nouvelles en France et les signifia à aucuns du lignage du seigneur de Coucy, non pas à la dame de Coucy, ne point ne s'amonstra si tost à elle jusques à tant que le chastellain de Saint-Gaubain y fut envoie pour quérir le corps, lequel estoit enbausmé, et fut apporté en France et recueillie en l'abbaye de Nogent

Apaisée. — 5.4 Ennuis.

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