VAINES RÉCLAMATIONS
France avoient ordonné et accordé. Quant ces seigneurs ambassadeurs de France furent venus en Angleterre, ils furent recueillies grandement et l lyement 2. Et quant le roy d'Angleterre vey Testât de quoy son grant 3 père 4 le roy de France luy requéroit si acertes, que il se voulsist alyer aveuc luy et tourner son royaume à son oppinion, par quoy il fuist neutre, se il besoingnoit, se ces deux papes ne se vouloient submettre à l'intention du roy de France, du roy d'Allemagne et de leurs consauls, il en respondy tantost et dist que il auroit tels son r jyaulme et ses gens que ils feroient tout ce que il luy plairoit. Et ce dist-il 5 premièrement 6 pour complaire aux ambassadeurs françois qui moult grandement se contemptèrent de celle response. Et quant ils orent là esté delés le roy et la royne d'Angleterre tant que bon leur sembla, ils prindrent congié audit roy et à la royne d'Angleterre, et s'en retournèrent arrière par Boulongne en France, et recordèrent tout ce que ils avoient veu et trouvé. Si furent ces nouvelles moult plaisantes 7 au roy de France et à son conseil, et demourèrent ces choses en ce party une 8 espace 9.
Le roy Charles de Navarre qui estoit venu veoir son cousin germain le roy de France et qui bien cuidoit recouvrer et retourner à son héritage de Normendie et à la conté d'Évreus, laquelle de fait et de force le roy de France luy avoit osté et tollu et 10 tenoit n, ainsi que dit est et contenu icy-dessus en plusieurs lieux en ceste histoire, n'y pot retourner, ne revenir par quelconque voye, ne manière que il, ne ses consauls peuissent dire, proposer, ne remonstrer. Et quant le dit roy de Navarre vey ce que il perdoit sa
*"* Joyeusement. — ".* Seigneur. — 8-6 Pleinement. — * Et agréables. — 8-9 Pièce. — 40-" Détenoit.