LE COMTE MARÉCHAL ET LE COMTE DE DERBY
« avons parlé, que trop grandement il vous fault dissimu- « 1er de ces besoingnes, se vous en voulés partir à vostre « honneur et par toute paix. Et vous devés mieulx 1 amer 2 « la généralité de vostre royaulme, dont vous vives, que les « paroles, aaties et présumption de deux chevalliers. Mais, « 3 quant 4 à la voix du royaulme d'Angleterre, le conte « Marescal s'est trop grandement fourfait et a renouvelle « trop de très- mauvaises choses, et se renouvellent encoires « tous les jours, et le pays sent et notte toutes ces paroles , « quant, pour oiseuses qui riens ne vallent, il veult faire « ung grant procès contre le conte d'Erby et esmouvoir « tout le pays et mettre en tourble. Il fault tout premier « que le conte Marescal le compère, et le conte d'Erby « n'en 5 ira 6 pas quitte. Nous avons advisé et regardé pour « le meilleur, sans 7 ce qu'ils 8 ne s'arment, ne voient l'un « l'autre, que vous envoies devers euls et les faictes obligier « que de ce fait et emprise ils vous créront et feront ce que « vous en ordonnerés et dires. Euls obligiés à tenir vostre « ordonnance, vous dires ainsi M (et istra de vostre bouche « la sentence, par quoy elle soit mieulx creue et 10 doubtée), « que dedens quinze jours le conte Marescal s'ordonne ad « ce que il wide hors d'Angleterre sans jamais y retourner * * , « et le conte d'Erby pareillement wide hors d'Angleterre, « comme banny, dix ans. Et quant ce venra sus le dépar- « tement de la terre du dit conte d'Erby, pour complaire au « poeuple, vous luy 12 relaxerés 13 sa paine quatre ans : « ainsi luy en demourront 14 six 15 ans, et de cela vous « ne luy ferés nulle grâce. C'est le conseil que nous vous « donnons, mais gardés-vous que nullement ne les mettes « en armes l'un l6 contre 17 l'autre ; car18 trop grans 19 mauls
4~* Entretenir. — 3i Tant que. — 8-8 Demourra.— 7-8Ce que point. — 9 Par sentence. — *° Plus. — M Ne avoir espoir de retourner. — "-13 Releverés. — 14-"Sept. — ,8-17 Devant. — 18-18 Tous.