RICHARD II CONDAMNE A L'EXIL
« pays. Et dient les trois pars du poeuple en Angleterre « que au jour que vous ouistes ■ les parolles, en la présence « de vous, du conte Mareschal à l'encontre du conte « d'Erby, vous vous en deuissiés estre tout autrement por- « té que vous n'avés fait , et les deussiés avoir abatues et « brisies en disant ainsi : « Vous estes tous deux mes coûte sins et mes hommes. Je vous commande paix de ce jour « en avant. » Et lors, sans plus tarder, "vous deussiés avoir « prins le conte d'Erby par la main et mené aveuc vous en « vostre chambre et luy monstre 2 tous samblans 3 d'amour. « Et pour tant que riens n'en feistes, court renommée « commune parmy Angleterre que vous portés trop fort « partie pour le conte Mareschal à l'encontre du conte « d'Erby. s Et considérés les paroles que nous vous disons : « elles sont véritables, car vous n'eustes oneques si bon « mestier d'avoir conseil que vous avés présentement. »
Quant le roy entendy ces paroles, il mua couleur ; car ceulx qui parloient à luy, luy remonstroient toutes ces choses si 4 auprès du vif 5 et si acertes que 6 il 7 ne leur 8 osa 9, ne peut dire, ne osa parler du contraire ; et se tourna d'autre part, et s'en ala apoyer à une fenestre, et là pensa et musa une10 espace. Et, quant il se retourna devers ceulx qui parlé avoient à luy par la fourme que cy-dessus est dite (et11 ceulx 12 estoient l'archevesque d'Yorch, le conte de Saslebéry, le conte de Hostidonne son frère et trois autres chevalliers de sa chambre), il parla et dist ainsi : « Je « vous ay bien oy et entendu, et, se je vouloie yssir hors de « vostre conseil, je me mefferoie. Or me dittes dont, en « considérant et regardant tout le fait, quel chose est bon « que j'en face. » — « Sire, respondirent ceulx (voire Fun « pour tous), la matière est si très-périlleuse, dont nous vous
4 Et receustes. — ** Tout samblant. — *-s Vivement. — e-7 Nul. — 8-8 Sceut. — 10 Grant. — "-1* Cils conseilliez.