‹ ŒuvresChapitre 65 sur 134 · SOUTIENT LE PAPE DE ROME · texte numérisé non relu

SOUTIENT LE PAPE DE ROME

luy ; et aussi sus ceste détermination se devoit ordonner toute Allemaigne , Boesme et Ytalie. Si prioit le dit roy d'Angleterre que son pays se voulsist ordonner ad ce.

Quant les prélats et le clergié qui riens ne sçavoient pour quoy ils estoient mandés, entendirent ce \ si furent tous esmerveilliés et esbahis, et se teurent les plusieurs tous quois, et les autres commencèrent à murmurer et dire : « Ce roy est tous françois. Il ne vise fors à nous déshon- « nourer et destruire. Il 2 ne la 3 pas encoires ainsi. Nous « veult-il déshonnourer et mettre hors de nostre créance ? « Il pourra bien tant faire que mal l'en prendra. Or n'en « ferons-nous riens puisque le roy de France le propose « ainsi. Tiengne la 4 neutrale 5 en sa puissance, et nous « tendrons fermement nostre créance en Angleterre ; et ne « verrons jà homme, qui nous en oste, se il ne nous est « apparant par plus grant conseil que celluy ne soit, sus « lequel il est fondé. »

Lorsque le roy d'Angleterre vey ainsi murmurer et différer son clergié, il leur fist demander par 1 evesque de Londres qui avoit remonstré les paroles et proposé, 6 quelle chose en estoit bonne à faire. Ils respondirent 7 que la matière estoit si grande qu'elle demandoit bien à avoir conseil. Sus cel estât se deffina ce parlement, et se départirent de là tous ceulx du clergié là assamblés et retournèrent en leurs hostels en la cité de Londres. Et quant les Londriens sceurent la vérité pourquoy ils estoient là venus et la requeste que le roy ot faitte, si furent moult esmeus et tourblés sur le roy d'Angleterre, car ils estoient généralement en Angleterre si fort 8 boutés 9 en la crédence du pape de Rom me, que point ne s'en vouloient partir, et dirent : « Ce Richart de

1 Proupos. — *-3 L'aura. — *-5 Neutralité. — c Pour sçavoir. — 7 Tous d'une sieulte. — •*• Annexés.

« Bourdeaulx ' honnira 2 tout, qui le laira convenir. Il est de « cuer si francois qu'il ne lepuet celler. Il acroit, mais il sera « l'un de ces jours payé si estrangement que il ne pourra « venir à temps à luy repentir ; et aussi ne feront ceulx « qui le conseillent. » Et demourèrent ces choses en 3 ce conseil 4, ne de toutes ces prédications pour tourner Angleterre à estre neutre, on ne fîst compte. Et ne se comptentoit pas le roy de France 5 de son fils le roy d'Angleterre pour tant que tantost et de fait il ne faisoit déterminer son royaulme à estre neutre. Mais, à la vérité dire, le roy d'Angleterre n'y povoit pourveir ; et aussi aucuns accidens soudainement luy vindrent sus le col, si grans et si horribles que les pareils ils n'en sont point ouys, ne les semblables tant que l'histoire dure, excepté le noble roy Pierre de Lusegnan, roy de Cyppre et de Jhérusalem, que son frère et les Cyppriens murdrirent villainement.

Quant messire Dimoch, que le conte d'Erby ot envoie en Angleterre au duc de Lancastre son père, eut la response du dit duc et visitté toutes les terres du dit conte d'Erby et veu ses enffans (quatre fils et deux filles), qui demourés estoient en Angleterre, il prist congié et retourna arrière en France. La response du duc de Lancastre fut telle que point il ne conseilloit à son fils que il empresist ce voiage de Honguerie,mais quant il seroit tané d'estre en France, il s'en alast en Castille delés le roy son frère et sa serour, et de là, se il vouloit aler esbatre oultre et veoir sa sereur 6 de Portugal, faire le povoit.

Le conte d'Erby lisy au long les lettres que on luy avoit envoyées d'Angleterre par deux fois, et pensa sus moult

Gastera. — *** Cel estât. — 5 Et son conseil. — 'La royne.

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