DANS UN CHATEAU
velles : « Or tost, faittes appareillier nos gens d'armes et « archiers, et faittes faire ung commandement partout que « chascun soit prest, car je ne vueil pas fuir devant mes « subgets. » — « 1 En nom 2 Dieu, respondirent ses cheval- « liers, 3 la besongne va mal, car vos gens vous laissent et def- « fuyent. Vous en avés desjà bien perdu la moittié, et encores « veons-nous le demourant tout esbahy et perdre conte- « nance. » — « Et que voulés-vous, distleroy, que je face? » — « Nous le vous dirons, sire. Vous laisserés les champs, « car vous ne les povés tenir, et entrerés en ung chastel, et a là vous tendrés-vous jusques à tant que messire Jehan de « Hollande vostre frère qui est courageux et chevallereux « assés, sera venu, car il scet ores ces nouvelles. Et, luy « venu par dechà, il se ordonnera tellement , soit par « force de gens d'armes et d'archiers ou par traittié, que vos « besongnes seront en autre estât qu'elles ne sont pour le « présent ; car, quant on le sentira chevauchier sur les « champs, tels se diffère de vous, qui se boutera en sa « route. » A tout ce conseil se accorda le roy.
Pour ces jours le conte de Saslebéry n'estoit pas delés le roy, mais estoit autre part bien en sus, et quant il ouy dire Testât d'Angleterre et que le conte d'Erby chevauchoit à puissance aveuc les Londriens contre le roy, il ymagina tantost que les choses aloient mai et gésoient en grant péril à merveilles et dur party pour le roy et pour luy et pour ceulx parlequel conseil il avoit ouvré jusques à ores. Si se tint tout quoy tant que il auroit autres nouvelles de par ses bons amis.
Le duc d'Iorch, oncle du roy, n'estoit point en la chevauchie du roy, ne n'avoit esté ; mais son fils le conte de Rostelant y avoit tousjours esté pour deux raisons : l'une estoit que le roy l'amoit souverainement, et l'autre raison, pour
M Par. — 5 Sire.