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PREFACE

Il Chut des spectacles dans les grandes villes, et des romans aux peuples corrompus. J'ai vu les mœurs de mon temps, et j'ai publié ces lettres: que n'ai-je vécu dans un siècle où je dusse les jeter au feu !

Quoique je ne porte ici que le titre d'éditeur, j'ai travaillé moi-même à ce livre, et je ne m'en cache pas. Ai-je fait le tout, et la correspondance entière est-elle une fiction? Gens du monde, que vous importe? c'est sûrement une fiction pour vous.

Tout honnête homme doit avouer les livres qu'il publie . je me nomme donc à la tète de ce recueil, non pour me l'approprier, mais pour en repondre. S'il y a du mal , qu'on me l'impute ; s'il y a du bien, je n'entends point m'en faire honneur. Si le livre est mauvais, j'en suis plus obligé de le reconnoître : je ne veux pas passer pour meilleur que je lie suis.

Quant à la vérité des faits , je déclare qu'ayant été plusieurs fois dans le pays des deux amants , je n'y ai jamais oui parler du baron d'Etangenidesafille, ni de M. d'Orbe, ni de milord Edouard Bomston, ni de M. de Wolmai ; j'avertis encore que la topographie est grossièrement altérée en plusieurs endroits, soit pour mieux donner le change au lecteur, soit qu'en effet l'auteur n'en sût pas davantage. Voilà tout ce que je puis dire; que chacun pense comme il lui plaira.

Ce livre n'est point fait pour circuler dans le monde, et convient à très peu de lecteurs. Le style rebutera les gens de goût : la matière alarmera les gens sévères ; tous les sentiments seront hors de la nature pour ceux qui ne croient

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