‹ ŒuvresChapitre 62 sur 279 · PARTIE I, LETTRE XXXV. ijy · texte numérisé non relu

PARTIE I, LETTRE XXXV. ijy

suis sûre, qui pouvoit déraciner en moi tout sentimenf de jalousie. Il y a je ne sais quelle délicatesse qui m enchante à me fier île ton amour à ta bonne loi , et a m ôter le pouvoir de croire une infidélité que tu ne m'apprendrais pas toi-même. Voilà, mon cher, l'effet assuré de 1 envasement que je t'impose; car je j)Ourrois te croire amant volage, mais non pas ami trompeur; et quand je douterais de ton cœur, je ne puis jamais douter de ta foi. Quel plaisir je goûte à prendre en ceci des précautions inutiles, à prévenir les apparences d'un changement dont je sens si bien 1 impossibilité! Quel charme de parler de jalousie avec uu aiuant si fidèle! Ah! si tu pouvois cesser de Fêtre, ne crois pas que je t'en parlasse ainsi. Mon pauvre cœur ne seroit pas si sage au besoin, et la moindre défiance m ôteroit bientôt la volonté de m'en garantir.

Voilà , mon très honoré maître , matière à discussion pour ce soir ; car je sais que vos deux humbles disciples auront l'honneur de souper avec vous chez le père de 1 inséparable. Vos doctes commentaires sur la gazette vous ont tellement fait trouver grâce devant lui, qu il n'a pas fallu beaucoup de manège pour vous faire inviter. La fille a fait accorder son clavecin; le père a feuilleté Lamberti ; moi , je recorderai peutêtre la lççon du bosquet de Clarens. 0 docteur en toutes facultés , vous avez partout quelque science de mise! M. d Orbe, qui n est pas oublié , comme vous pouvez penser , a le mot pour entamer une savante dissertation sur le futur hommage du roi de Naples , durant laquelle nous passerons tous trois dans la chambre de la cousine. C'est là , mon féal , qu'à ge-

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