LETTRE A UN JOURNALISTE
Ad ES Réflexions sur la Poésie, approuvées, monsieur, par nos meilleurs poètes , ont excité la colère et les cris de quelques rimailleurs. Je n'en suis ni surpris ni offensé ; je devais m'attend re à l'intérêt qu'ils marqueraient pour leurs mauvais vers ; intérêt d'autant plus excusable, que personne ne le partage avec eux. Mais je ne m'attendais pas , je l'avoue , à celui qu'ils prennent au latin des Psaumes : ils m'accusent d'impiété , pour avoir osé dire que ce latin est à demi barbare ; je croyais la chose incontestable , et même généralement reconnue par ceux qui avec raison respectent le plus dans ces poésies sacrées le fond des choses. Si mes scrupuleux et redoutables censeurs veulent prendre la peine de lire le second discours, sur Thistoire ecclésiastique, par M. l'abbé Fleury , que personne, je pense , n'accusera d'impiété ; ils y trouveront au chapitre XVI, ces propres paroles : St, Paul parlant un grec demi barbare, ne laisse pas deproui>er, de convaincre , d'émouvoir , etc. Or il me semble que j'ai bien pu dire sans scandale du latin des Psaumes , ce qu'un écrivain plus grave et plus jieux que moi a dit du grec de St. Paul.
De toutes les sottises que ces rimailleurs m'ont imputées , et t de toutes celles qu'ils ont dites à cette occasion , le reproche auquel je réponds ici , monsieur , est le seul qui mérite d'être relevé, parce qu'il tient à un objet respectable. Cest uniquement, ce me semble , sur de pareils motifs qu'on doit prendre la peine de répondre aux critiques , et surtout à des critiques comme le&v miens.
Je suis, etc.