ILS SONT MORTS POUR LA REPUBLIQUE
Ces bienfaits signalés d'une nation envers les autres , sont pour le souverain qui la gouverne un engagement de les perpétuer y et l'accueil dont ce souverain honore aujourd'hui les lettres , nous assure, messieurs , qu'il remplira ce qu'elles attendent de lui. Ce jour sera à jamais célèbre dans les fastes de l'Académie ,'et nos Muses ne seront point ingrates. Pour exprimer leur sentiment elles n'auront point à s'avilir par une adulation indigne d'elles , et plus indigne encoce d'un monarque qui vient s'asseoir dans le temple de la vérité. Cette vérité qui préside ici et qui nous entend , désavouerait un si méprisable hommage. L'éloge des bons rois est dans le cœur du peuple : c'est là que les gens de lettres trouveront celui du prince qui acquiert de si justes droits à leur reconnaissance. Ils transmettront à la postérité les traits mémorables de bienfaisance ' qui ont rendu les premières années de son règne si chères à l'humanité, et que la France a déjà célébrés par la voix du plus illustre de ses écrivains. Ils conserveront à l'histoire l'exemple de sagesse et de courage tout à la fois que ce prince a donné des premiers à
' Voici les noms de ces savans : Van-Stavcn , professeur en philosophie ; Forskal, physicien^ Cramer, me'decîn; Niebiihr, mathématicien ^ Paureinfeind, desMnaieur. ^iicbtihr seul est revenu en Europe, les autres sont more» cil Arabie.
* Il est que:»tion fies secours donnes par sa majesté le roi de Danemarck à une famille malheureui»c du Languedoc , et célèbre» dans une pièce do Voltaire qui commence par ces mois :jLh quoi! généreux prince, etc.
A L'ACADÉMIE DES SCIETSCES. 3?'^
l'Europe , en subissant, pour se couserverà ses sujets, l'épreuve de l'inoculation, dont la destinée singulière est d'effrayer encore la multitude, lorsqu'elle n'effraie plus les souverains. Puissent, messieurs , vos justes hommages entretenir à jamais dans ce jeune monarque l'amour de la véritable gloire , si nécessaire à ceux que leur élévation donne en spectacle à leur siècle , et qui ne pourraient mépriser son suffrage , sans mépriser les vertus dont ce suffrage est la récompense!
La gloire des sciences et celle d'un prince cher à la France, ne permettent pas de passer sous silence un fait dont le discours de d'AIembert a été l'occasion. Une copie de ce discours étant tombée entre les mains de S. A. R. l'infant duc de Parme , ce prince en fît une traduction qu'il envoya à d'AIembert , écrite toute entière de sa main : et ce dernier lui en ayant témoigné sa vive et respectueuse reconnaissance , l'infant lui fit l'honneur de répondre par une lettre aussi de sa main. La modestie de d'AIembert eu a caché une partie ; mais eu voici quelques endroits, aussi honorables pour les sciences que pour le prince, et pour ceux qui ont présidé à son éducation '.
« Les vérités exprimées dans votre discours , dit-rii à d'Alem^ » bert , sont des règles pour les princes, je Yai traduit afin de
M les imprimer dans mon âme Ce discours m'a fait d'autant
» plus de plaisir, que j'y retrouve les sentimens d'humanité u qu'on m'a inspirés dès l'enfance. Je sens combien les lumières » peuvent contribuer au bonheur des peuples en dirigeant la » conduite du prince. Je sens aussi que l'estime de ceux qui V éclairent les nations est capable d'adoucir toutes le^ peines du n gouvernement. »
^ Kcralio*^ gouverneur du priace j Condiilac , précepteur.
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