‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 33 sur 158 · CATON D'UTIQUE · texte numérisé non relu

CATON D'UTIQUE

rëtat oii nous sommes. C'est son épëe qui a réduit le sénat à ce pelit nombre, et qui a ëclairci ses rangs. Hélas! soas quel faux jour tes yeux éblouis voient cet usurpateur ! Ils sont troublés par l'éclat trompeur que répandent sur lui ses conquêtes. Si tu l'apercevais tel qu'il est , tu le verrais noirci de meurtres , de trahisons, de sacrilèges et de crimes qui me font frissonner d'horreur à son seul nom. Tu me regardes sans doute comme un malheureux accablé par les revers , et en proie à la plus cruelle infortune; mais j'en jure par les dieux, je ne voudrais pas, pour l'empire d'un million de mondes, être à la place de César, et lui ressembler.

DÉCIUS

Est-ce là toute la réponse que Caton veut faire à César, en reconnaissance de ses généreux soins et de l'offre qu'il lui fait de son amitié ?

CATON

Ses soins à mon égard sont inutiles , et l'effet de son orgueil. Les dieux prennent soin de Caton ; ce n'est point à ce présomptueux tyran à s'en charger. Veut-il montrer sa grandeur d'âme? qu'il traite les amis qui m'environnent comme il offre de me traiter ; qu'il fasse un bon usage de son pouvoir mal acquis , en conservant des citoyens plus précieux que lui à la république.

DÉCIUS

Caton , votre cœur fier et indomptable vous fait oublier que vous êtes homme. Vous courez à votre perte ; mais je n'ai plus rien à vous dire. Je vais rendre compte k César du nialheureux succès de mon ambassade^ Que Rome va verser de pleurs I

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