FIN DE LA DERNIÈRE SCÈNE DU CINQUIÈME ACTE
(Gaton, après s'ëlre percé de son e'pee , est apporté mourant sur le devant
du théâtre.)
CATON
Portius, mon fils, approche-toi Mes amis sont-ils embar*
qués ? Puis-je faire pour eux quelque chose de plus? Tandis que je vis encore , ne me laissez pas vivre en vain... Lucius , souffrez que notre amitié se perpétue dans nos enfans... Faites le bonheur de Portius, mon fils, en lui accordant votre fille.... Pourquoi versez-vous des larmes ?. . . Marcia , ma fille , Juba brûle d'amour pour toi. Un sénateur romain , tandis que Rome subsistait encore , eût refusé sa fille à un roi ; mais les armes de César ont détruit toute distinction. Cest être Romain aujourd'hui , que d'être brave et vertueux.... Un froid mortel s'empare de mes sens... Hélas! quand verrai*je disparaître ce monde coupable, le séjour du malheur ou du crime ! Déjà il me semble qu'un rayon de lumière vient éclairer et remplir mon âme prête à s'envoler vers sa dernière demeure.... Hélas! je crains d'avoir trop librement disposé de ma vie.... Puissances suprêmes , qui sondez le cœur des hommes , et qui pénétrez leurs pensées les plus secrètes , ne m'imputez point cette faute , si c'en est une ; la vertu même peut en faire : mais votre bonté me rassure
(11 expire. ) LUCIUS.
Ainsi disparait du milieu de nous cette grande âme que l'amour de Rome et de la vertu embrasa toujours. O Caton ! 6 mon
ami! tes dernières volontés seront religieusement observées ;
mais allons, portons à César ce corps respectable , exposons à ses