CHAPITRE III
De r Adversité.
Scnëque , parlant e^i stoïcien , a dit une grande vérité : Les vertus de la prospérité sont dignes d'envie , et celles de Vadversite, d'admiration. En effet , si l'on regarde comme un prodige ce qui surpasse les forces de la nature , le courage dans l'adversité est le prodige le plus grand. Quel plus beau spectacle , a dit le même philosophe avec une élévation digne de lui , que la tranquillité d'un Dieu unie à la fragilité humaine?
La vertu a quelque chose de semblable aux corps odoriférans y qui ne rendent jamais plus de parfum que lorsqu'on les broie ou qu'on les brûle ; car la prospérité met les vices dans leur jour y et le malheur y met les vertus.