ENERGIE, FORCE
Nous ne considérons ici ces mots qu'en tant qu'ils s'appliquent au discours ; car, dans d'autres cas, leurdifférencesauteauxyeux.
Il semble qu'énergie dit encore plus que force; et qu* énergie s'applique principalement aux discours qui peignent et.au caractère du style. On peut dire d'un orateur , qu'il joint \a force du raisonnement à Vénergie des expressions. On dit aussi , une peinture énergique , et des images fortes.
ENVfE, JALOUSIE.
Voici les nuances par lesquelles ces mots diffèrent.
I®. On €$i jaloux de ce qu'on possède , et envieux de ce que possèdent les autres : c'est ainsi qu'un amant est jaloux de sa maîtresse; un prince , jaloux àe son autorité.
2**- Qoand ces deux mots sont relatifs à ce que possèdent les
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autres , enuieux dit plus que jaloux» Le premier marque une disposition habituelle et de caractère ; l'autre peut désigner on sentiment passager : le premier désigne un sentiment actuel plus fort que le second. On peut être quelquefois jaloux^ sans être naturellement envieux : la jalousie , surtout au premier mouvement , est un sentiment dont on a quelquefois peine k se défendre; Venvie est un sentiment bas , qui ronge et tourmente celui qui en est pénétré.
ÉVADER (s'), ÉCHAPPER ( s' ) , EITTUIR (s').
Ces mots diffèrent, en ce que ^évader se fait en secret, s'^ chapper suppose qu'on a déjà été pris ou qu'on est près de l'être» ^enfuir ne suppose aucune de ces conditions.
On ^ évade d'une prison , on Réchappe des mains de quelqu'un , on ^enfuit après une bataille perdue.
FIDÉLITÉ, COPÎSTANCE.
LtL Jidélité suppose un engagement ; la constance n* en suppose point : on esi Jidèle à sa parole , et constant dans ses goûts.
Par la même raison , on dit fidèle en amour et constant en amitié ; parce que l'amour semble un engagement plus vif que l'amitié pure et simple.
Par la même raison encore , on dit , un amant malheureux et Jidèle^ un amant malheureux et constant; parce que le premier est engagé , et que l'autre ne l'est pas.
Il semble que \^ fidélité tienne plus aux procédés , et la conj«tance au sentiment. Un amant peut être constant s^nsèitefidhle^ si en aimant toujours sa maîtresse , il ne laisse pas d'avoir des passades; et il peut être fidèle sans être constant^ s'il cesse d'aimer sa maîtresse , sans néanmoins en prendre une autre : la fidélité suppose une espèce de dépendance ; un su]et fidèle , un domestique ^r/è/e , un chien fidèle.
La constance suppose une sorte d'opiniâtreté et de courage. Constant dans le travail , dans les malheurs, ht fidélité de% mar* tyrs à la religion a produit leur constance dans les tourmeni .
HUBIEUR, FANTAISIE, CAPRICE.
Ces trois mots désignent en général un sentiment vif et passager dont nous sommes affectés sans sujet ; avec cette différence , que caprice et humeur tiennent plus au caractère, et fantaisie aas circonstances, ou à un état qui ne dure pas, et qu'Aumeor emporte outre cela avec lui une idée de tristesse. Une coquette a des caprices ; un hjrpocondre , un misanthrope , ont de VIoêt
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SYNONYMES. 26g
vneur ; ane femme grosse, un enfant, ont àe% fantaisies, Fan^ taisie a rapport à ce qu'on désire ; caprice à ce qu'on dédaigne ; humeur à ce qu'on entend ou qu'on voit. De ces trois mots,y€zntaisie est le seul qui s'applique aux animaux ; humeur^ le seul qui s'applique aux hommes; caprice ^ le seul qui s'applique aux êtres moraux : on dit les caprices du sort.