‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 110 sur 493 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉRIPHILE, DORIS

ÉRIPHILE

Ne les contraignons point, Doris, retirons-nous; 395 Laissons-les dans les bras d'un père et d'un époux ; Et tandis qu'à l'envi leur amour se déploie , Mettons en liberté ma tristesse et leur joie.

DORIS

Quoi, Madame? toujours irritant vos douleurs, Croirez-vous ne plus voir que des sujets de pleurs? 400 Je sais que tout déplaît aux yeux d'une captive , Qu'il n'est point dans les fers de plaisir qui la suive. Mais dans le temps fatal que repassant les flots , Nous suivions malgré nous le vainqueur de Lesbos ; Lorsque dans son vaisseau, prisonnière timide, 40 5 Vous voyez1 devant vous ce vainqueur homicide, Le dirai-je? vos yeux , de larmes moins trempés , A pleurer vos malheurs étoient moins occupés. Maintenant tout vous rit : l'aimable Iphigénie D'une amitié sincère avec vous est unie ; 41» Elle vous plaint, vous voit avec des yeux de sœur; Et vous seriez dans Troie avec moins de douceur. Vous vouliez voir l'Aulide où son père l'appelle, Et l'Aulide vous voit arriver avec elle.

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