ACTE IV, SCÈNE IV
Que dis-je? Cet objet de tant de jalousie, Cette Hélène, qui trouble et l'Europe et l'Asie, Vous semble-t-elle un prix digne de vos exploits ? Combien nos fronts pour elle ont-ils rougi de fois ! | 1280 Avant qu'un nœud fatal l'unît à votre frère , Thésée avoit osé l'enlever à son père.
Vous savez , et Calchas mille fois vous Fa dit , Qu'un hymen clandestin mit ce prince en son lit , Et qu'il en eut pour gage une jeune princesse 1 , ( 1 2 8 5 Que sa mère a cachée au reste de la Grèce. Mais non : l'amour d'un frère et son honneur blessé Sont les moindres des soins dont vous êtes pressé. Cette soif de régner , que rien ne peut éteindre , L'orgueil de voir vingt rois vous servir et vous craindre , Tous les droits de l'empire en vos mains confiés , Cruel , c'est à ces dieux que vous sacrifiez 2 ; Et loin de repousser le coup qu'on vous prépare , Vous voulez vous en faire un mérite barbare. Trop jaloux d'un pouvoir qu'on peut vous envier , 1295 De votre propre sang vous courez le payer , Et voulez par ce prix épouvanter l'audace De quiconque vous peut disputer votre place. Est-ce donc être père ? Ah ! toute ma raison Cède à la cruauté de cette trahison. 1 3oo
Un prêtre, environné d'une foule cruelle,
moler Hermîone pour sa mère. Et ce serait moi, toujours fidèle à ta couche, qui me verrais privée de mon enfant, tandis que, dans Sparte, la coupable épouse, tenant sa fille dans ses bras et l'entourant de ses caresses, jouirait de son bonheur?» (Vers 1190-1194.)