‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 163 sur 493 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

IPHIGÉNIE , iEGINE.

IPHIGENIE.

Cesse de m 'arrêter. Va, retourne à ma mère,

JËgine : il faut des Dieux apaiser la colère.

Pour ce sang malheureux qu'on veut leur dérober r^gb

Regarde quel orage est tout prêt à tomber.

Considère l'état où la Reine est réduite ;

Vois comme tout le camp s'oppose à notre fuite ;

Avec quelle insolence ils ont de toutes parts

Fait briller à nos yeux la pointe de leurs dards. i 5oo

Nos gardes repoussés, la Reine évanouie

Ah! c'est trop l'exposer : souffre que je la fuie ;

Et sans attendre ici ses secours impuissants ,

Laisse -moi profiter du trouble de ses sens.

Mon père même , hélas ! puisqu'il faut te le dire , 1 5 o 5

Mon père, en me sauvant, ordonne que j'expire.

Lui, Madame? Quoi donc? qu'est-ce qui s'est passé?

IPHIGÉNIE

Achille trop ardent l'a peut-être offensé ;

Mais le Roi, qui le hait, veut que je le haïsse :

Il ordonne à mon cœur cet affreux sacrifice. i 5 1 o

Il m'a fait par Arcas expliquer ses souhaits :

iEgine, il me défend de lui parler jamais.

IPHIGÉNIE

yEGINE.

Ah! Madame.

IPHIGENIE.

Ah , sentence ! ah , rigueur inouïe !

Dieux plus doux, vous n'avez demandé que ma vie. Mourons , obéissons. Mais qu'est-ce que je voi? 1 5 1 5 Dieux! Achille?

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