‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 226 sur 493 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PHÈDRE, OENONE

OENONE

Madame , je cessois de vous presser de vivre ; Déjà même au tombeau je songeois à vous suivre ; Pour vous en détourner je n'a vois plus de voix ; Mais ce nouveau malheur vous prescrit d'autres lois. 340 Votre fortune change et prend une autre face 1 : Le Roi n'est plus, Madame2; il faut prendre sa place. Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez , Esclave s'il vous perd, et roi si vous vivez. Sur qui, dans son malheur, voulez-vous qu'il s'appuie ? 3 4 5 Ses larmes n'auront plus de main qui les essuie ; Et ses cris innocents , portés jusques aux Dieux , Iront contre sa mère irriter ses aïeux. Vivez , vous n'avez plus de reproche à vous faire : Votre flamme devient une flamme ordinaire . 3 5 o

Thésée en expirant vient de rompre les nœuds Qui faisoient tout le crime et l'horreur de vos feux3.

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