ACTE III, SCÈNE I
PHÈDRE
OEnone , il peut quitter cet orgueil qui te blesse . Nourri dans les forêts , il en a la rudesse. Hippolyte , endurci par de sauvages lois , Entend parler d'amour pour la première fois. Peut-être sa surprise a causé son silence ; 785 Et nos plaintes peut-être ont trop de violence.
OENONE
Songez qu'une barbare en son sein l'a formé.
PHÈDRE
Quoique Scythe et barbare, elle a pourtant aimé.
OENONE
Il a pour tout le sexe une haine fatale.
PHÈDRE
Je ne me verrai point préférer de rivale 1 . 790
Enfin tous tes conseils ne sont plus de saison.
Sers ma fureur, OEnone, et non point ma raison.
Il oppose à l'amour un cœur inaccessible :
Cherchons pour l'attaquer quelque endroit plus sensible.
Les charmes d'un empire ont paru le toucher ; 795
Athènes l'attiroit , il n'a pu s'en cacher ;
Déjà de ses vaisseaux la pointe étoit tournée,
Et la voile flottoit aux vents abandonnée.