‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 251 sur 493 · THÉSÉE, HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE

THÉSÉE

Quel est l'étrange accueil qu'on fait à votre père1, Mon fils?

HIPPOLYTE

Phèdre peut seule expliquer ce mystère.

Mais si mes vœux ardents vous peuvent émouvoir,

1. Thésée, dans Euripide, s'étonne de ne trouver personne pour saluer son arrivée :

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« Cette maison ne daigne point, après m'avoir ouvert ses portes , me saluer de l'accueil joyeux que l'on doit à celui qui revient de consulter les dieux. » (Vers 788 et 789.)

PHÈDRE

Permettez-moi, Seigneur, de ne la plus revoir; Souffrez que pour jamais le tremblant Hippolyte 925 Disparoisse des lieux que votre épouse habite.

THÉSÉE

Vous, mon fils, me quitter?

HIPPOLYTE

Je ne la cherchois pas :

C'est vous qui sur ces bords conduisîtes ses pas. Vous daignâtes, Seigneur, aux rives de Trézène Confier en partant Aricie et la Reine. 930 Je fus même chargé du soin de les garder. Mais quels soins désormais peuvent me retarder ? Assez dans les forêts mon oisive jeunesse Sur de vils ennemis a montré son adresse. Ne pourrai-je, en fuyant un indigne repos, 935 D'un sang plus glorieux teindre mes javelots? Vous n'aviez pas encore atteint l'âge où je touche, Déjà plus d'un tyran, plus d'un monstre farouche Avoit de votre bras senti la pesanteur ; Déjà, de l'insolence heureux persécuteur, 940 Vous aviez des deux mers assuré les rivages. Le libre voyageur ne craignoit plus d'outrages ; Hercule, respirant sur le bruit de vos coups, Déjà de son travail se reposoit sur vous. Et moi, fils inconnu d'un si glorieux père, 945 Je suis même encor loin des traces de ma mère. Souffrez que mon courage ose enfin s'occuper. Souffrez, si quelque monstre a pu vous échapper, Que j'apporte à vos pieds sa dépouille honorable, Ou que d'un beau trépas la mémoire durable, 950 Eternisant des jours si noblement finis, Prouve à tout l'univers que j'étois votre fils.

THÉSÉE

Que vois-je? Quelle horreur dans ces lieux répandue

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