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3. Si l'on est curieux d'en voir un échantillon, il y a une scène entre Zarès et Aman qui vient de recevoir l'ordre de préparer le triomphe de Mardochée. Aman s'écrie :
O change infortuné! pensant pour moi parler, Las! de mon ennemi j'ai fait le nom voler Par toute la contrée, et la famé langarde L'estimera toujours, si je n'y prends bien garde.
Zarès lui répond :
De tes fréquents soupirs ores je me souris ; Tu pâmerois de peur pour le bruit d'un souris. ... Il faut que du gibet il (Mardochée) soit le coronal, Si tu veux de tes pleurs reboucher le canal.
4- On le trouve sous ce titre : Aman ou la Vanité, tragédie par Antoine de Montcrestien, aux pages 2 25 et suivantes d'un petit volume in-12 renfermant les Tragédies de Antoine de Montcrestien , sieur de Vasteville, à Rouen, chez Jean Petit (sans date).
ESTHER
exprimée, Racine y a-t-il trouvé la première idée de ses beaux chants lyriques. Nous croyons toutefois qu'il n'y a pas lieu de rapprocher de VEsther de Racine un aussi grand nombre de passages de la tragédie de Montchrestien que l'a fait M. de la Rochefoucauld-Liancourt dans ses Études littéraires et morales de Racine1. 11 nous semble surtout que ceux mêmes de ces passages dont la pensée rappelle le plus celle de notre poète ne donnent guère à croire qu'ils aient pu être imités par lui ; la ressemblance ne va jamais que jusqu'au degré où elle s'explique assez par le Livre d'Esther, qui fut le commun modèle.
En 1617, et cinq ans plus tard en 1622, fut imprimée une tragédie en vers de la Perfidie et Jman, mignon et favori du roi Assuérus^. La r1 1 la première impression, et sans doute aussi le titre x. tnèce ont fait penser, nous l'avons dit, que l'auteur anon î de la Perfidie d'Aman avait voulu faire une tragédie allégorique à la sanglante catastrophe du maréchal d'Ancre, assassiné le 24 avril 16173. Les allusions ne semblent pas marquées de traits aussi particuliers qu'on s'y attendrait. La pièce d'ailleurs est sans valeur. L'auteur a égayé son sujet de quelques bouffonneries. Les entre-parleurs Happe- Souppe , Frippe-Sausse et Guingnotrou amusent le spectateur dans les entr'actes.
Vers le même temps parut la Belle Hester, tragédie française tirée de la saincte Bible, de C inuention du sieur Japien Marfriereh. Quoique l'impression ne porte pas de date, le Manuel du libraire de M. Brunet indique celle de 1620, et nous apprend que l'auteur, qui avait pris un pseudonyme, est Ville-