‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 305 sur 493 · Esther de Pierre du Ryer, acte V, scène v · texte numérisé non relu

Esther de Pierre du Ryer, acte V, scène v

2. Ceux qui ont traité ce même sujet avec le plus de rudesse, comme Pierre Matthieu et Montehrestien, ont parlé du massacre des Juifs et du supplice des dix fils d'Aman, mais ont attribué ces cruautés au seul Assuérus, sans les faire solliciter par Esther.

ESTHER

reprochons pas trop rigoureusement d'ailleurs cette erreur. Il a, malgré tout, bien senti la beauté de la pièce, et en a parlé avec une vive et sincère admiration : « Pour moi, dit-il, j'avoue que j'ai une tendresse particulière pour Esther. Elle produit sur moi le double effet de l'ode et de la tragédie en même temps. Outre les sentiments de pitié et de crainte qu'elle me fait éprouver tour à tour, je me sens encore, en la lisant, dans une sorte d'enthousiasme continuel. L'onction du style, les chœurs sublimes de ces filles d'Israël, tout concourt à mon illusion. Il me semble, lorsque je prends cette tragédie, que j'entre dans un de ces temples antiques élevés avec pompe dans Jérusalem au culte du Très-Haut. » Cette prédilection pour Esther, qui étonnera peut-être quelques-uns, s'est rencontrée cependant plus d'une fois. M. Sainte-Beuve a dit, il y a assez longtemps, à peu près dans le même sentiment que Chamford, et avec des expressions dont, nous le croyons, il atténuerait aujourd'hui quelque chose en faveur d' Athalie : « L'avouerai-je? Esther, avec ses douceurs charmantes et ses aimables peintures, Esther, moins dramatique qu' Athalie, et qui vise moins haut, me semble plus complète en soi.... Ce délicieux poëme, si parfait d'ensemble, si rempli de pudeur, de soupirs et d'onction pieuse, me semble le fruit le plus naturel qu'ait porté le génie de Racine *. » Nous aurions dû citer avant tous Arnauld, qui écrivait à Willard, au sujet Esther et à? Athalie : « Comme il est bien difficile que deux enfants d'un même père soient si également parfaits qu'il n'ait pas plus d'inclination pour l'un que pour l'autre, je voudrois bien savoir laquelle de ces deux pièces votre voisin (Racine) aime davantage. Mais pour moi, je vous dirai franchement que les charmes de la cadette n'ont pu m' empêcher de donner la préférence à l'aînée2. » Toutefois, pour compter plus que tout autre ce suffrage contemporain, donné par un si grand esprit, il faudrait d'abord savoir si Arnauld, en s'exprimant ainsi, portait vraiment un jugement littéraire. La poésie et le théâtre n'étaient-ils pas, jusqu'à un certain point, hors de son domaine? Et les applications que dans Esther il pouvait trouver, comme

t. Critiques et portraits, tome I, p. 166 (ire édition, i832)v i. Lettre du 10 avril 1691.

NOTICE

on l'a dit, à l'oppression qui pesait sur Port-Royal ne le séduisaient-elles pas? D'un autre côté, il y avait dans le Joad d' Jthalie bien des traits qui devaient aussi lui plaire, en lui offrant quelque chose de sa propre image ; et si la principale raison de sa préférence est celle qu'il donne lui-même dans sa lettre, qu' ail trouve dans Esther beaucoup plus de choses trèsédifiantes et très-capables d'inspirer la piété, » elle n'est peutêtre pas aussi étrangère qu'il semblerait d'abord à la question littéraire et poétique. Il ne pouvait juger Jthalie moins religieuse; ce qu'il sentait donc plus particulièrement dans Esther, c'était cette piété qui va au cœur, qui s'y insinue avec un charme irrésistible. Si Racine n'a jamais été un plus puissant enchanteur, il n'a jamais été plus vraiment poète.

Esther, qui marque l'époque où le talent de Racine reparut sous une forme toute nouvelle, plus originale, plus libre, l'époque d'une inspiration puisée à des sources moins éloignées, moins étrangères, à des sources qui jaillirent au plus profond de l'âme du poète, Esther est aussi d'un prix bien rare comme la première manifestation de ce génie lyrique, jusque-là inconnu, qui allait produire encore les quatre cantiques sacrés et les chœurs d? Jthalie. Ce n'est pas assez d'avoir parlé des chœurs Esther comme ayant introduit avec tant de bonheur dans notre tragédie un des éléments essentiels du drame antique Considérés en eux-mêmes, et à part de la constitution du drame, ces chœurs, par leur savante harmonie, par la pureté parfaite de leur style, par leur poésie tour à tour tendre et énergique, douce et sublime, toujours naturelle et simple dans son élégance et sa grandeur, ont un caractère particulier

i. Voltaire a dit au sujet de ces chœurs des choses bien étranges. Racine, à son avis, « s'y est pris avec plus de précaution que les Grecs; il ne les a guère fait paraître que dans les entractes; encore a-t-il eu bien de la peine à le faire avec la vraisemblance qu'exige toujours l'art du théâtre. A quel propos faire chanter une troupe de Juives lorsqu'Esther a raconté ses aventures à Élise?... Je ne parle pas du bizarre assortiment du chant et de la déclamation clans une même scène. » (Lettre iv sur OEdipe, tome I des OEuvres, p. 47 et 48.) Ces lettres sur OEd'ipe étaient écrites dans l'âge des jugements téméraires. On voudrait que Voltaire eût cherché depuis quelque occasion de se rétracter.

qui les distingue des plus belles odes de notre langue, et, sans qu'il y ait à en comparer les beautés avec des beautés toutes différentes, leur réserve un rang qui ne leur sera jamais disputé. La pièce tout entière est tellement pleine de l inspiration des livres saints qu il ne suffit pas de rechercher et de signaler les passages directement imités. L'esprit même de F Écriture est I partout, tant le génie de Racine en était pénétré. Mais cela est 1 vrai surtout des chants du chœur : ce sont vraiment les harpes de Sion qui y résonnent.

Qu'on nous pardonne si nous avons interrompu l'histoire des représentations à'Esther. Ces représentations elles-mêmes ne reparaissent sur la scène qu'à de longs intervalles. Soit qu'avertis par le médiocre succès de 1721, les comédiens craignissent de toucher de nouveau à cette tragédie dont la pieuse candeur déconcertait un art profane, soit que le public du dixhuitième siècle se souciât peu de la revoir, pensant presque tout entier comme Voltaire, que « le fond à'Esther n'était fait que pour des petites filles de couvent1, » le Théâtre-Français, pendant plus de quatre-vingts ans, s'abstint d'une seconde tentative. En i8o3 seulement Esther reparut. Ce fut sur le théâtre de l'Opéra, dans Une représentation pour la retraite de Mme Vestris. On sait que pour ces représentations extraordinaires on cherche souvent quelque spectacle inusité, qui ait par cela même plus d'attrait pour la curiosité publique. Ce fut peutêtre le véritable titre que la belle tragédie, si longtemps délaissée, parut avoir à l'exhumation dont on l'honorait. La soirée choisie pour cette reprise d'Esthe?* fut celle du jeudi 1 3 prairial an XI (2 juin i8o3). L'affluence des spectateurs, malgré le prix élevé des places, fut immense. La recette fut de vingt-huit mille francs; mais il est difficile de savoir si l'empressement du public fut pour Racine, ou pour Mme Vestris. Il paraît d'ailleurs, par des témoignages contemporains, que, si l'on avait seulement compté sur un succès de curiosité et d'argent, on rencontra quelque chose de mieux. L'effet produit fut très-grand. Comme on avait à sa disposition les ressources de l'Opéra, on ne se trouva pas, comme en 1721, dans la malheu-

1. Remarques sur Héraclius, préface du commentateur, dans les OEuvres de Voltaire, tome XXXVI, p. 6.

reuse nécessité de supprimer les chœurs. La musique de Moreau avait été abandonnée. Plantade en avait composé une nouvelle, qui était, dit-on, simple et élégante, que ne surchargeait aucun effet harmonique, et qui laissait entendre distinctement les paroles. De moins bienveillants jugèrent qu'à l'exception du chœur qui termine le second acte .

O douce paix !

O lumière éternelle !

l'œuvre du musicien fut un médiocre ornement pour la pièce. Pour les acteurs, il ne faut peut-être pas leur attribuer une trop grande part dans les applaudissements que recueillit la tragédie. Cependant le Théâtre-Français a rarement vu une pareille réunion de grands talents. Talma joua Assuérus ; Lafon, Aman; Monvel, Mardochée ; Mlle Duchesnois, Esther; Mlle Volnais, Zarès. On ne trouva pas Talma cette première fois à la hauteur de sa renommée; les admirateurs de Mlle Duchesnois louèrent la décence de son maintien, sa sensibilité, des intentions justes ; mais tous convinrent qu'elle avait récité avec une lenteur étudiée ; et les plus sévères l'accusaient d'avoir été traînante et monotone. Monvel déclama avec feu, mais laissa trop voir l'art du comédien, ce qui sera toujours l'écueil de tous ces rôles destinés par le poëte à de tout autres interprètes. Le tragédien dont on fut le plus content fut Lafon, qui sut mettre dans son rôle d'Aman une expression juste et forte. Quoique cette représentation eût laissé à désirer, elle devint l'époque d'une renaissance assez durable d'Esther. Dix jours après, le 23 prairial, elle fut jouée à Saint-Cloud devant le premier Consul. Dans cette soirée une ode fut lue, qui était un cri de guerre contre les Anglais : on peut se souvenir que le prologue à' Esther avait eu le sien contre la ligue d'Augsbourg. Dans les années qui suivirent, on revint plusieurs fois aux représentations de la même tragédie : nous en trouvons en 1806; l'empereur Napoléon y prenait intérêt, et faisait des observations à Talma sur son jeu, sur Racine , sur Mme de Maintenon , sur les allusions que les courtisans du grand règne trouvaient dans la pièce. Il était bien rare que Talma ne se rendît pas maître de ce qu'il étudiait. Dans ce rôle d'Assuérus, où l'on pourrait sans doute le suivre au delà de 1806, il n'en était pas resté aux hésitations

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de sa première tentative ; on aimait à l'y voir ; on disait qu'il y ressemblait à Louis XIV, au moins à l'idée qu'on s'en faisait; ressemblance qu'assurément il cherchait , croyant que Racine v avait pensé.

Esther, jouée plusieurs fois au temps de notre grand tragédien, disparut encore une fois, après lui, et pour un assez long temps, de la scène française. Mlle Rachel l'y ramena. Elle aborda pour la première fois le rôle d' Esther en 1839, le 28 février. La date était remarquable, et avait été choisie à dessein: c'est le 28 février que les Juifs célèbrent aujourd'hui encore l'anniversaire de leur délivrance par l'épouse d'Assuérus. Quelques personnes s'étonnèrent de l'idée qu'on avait eue de donner par là à cette représentation une sorte de caractère religieux très -différent de celui qui était dans les intentions de Racine, et se demandèrent ce qu'aurait pensé le poëte chrétien de son Esther jouée par une Juive dans un jour solennisé par les Juifs. Mais il n'eût pas fallu trop s'arrêter à cette recherche d'un à-propos quelque peu étrange, ni remarquer, comme on le fit alors avec malice, que cette première fois Mlle Rachel avait joué Esther « en famille , » si , avec son rare talent , elle eût enfin donné pour la première fois aux spectateurs du Théâtre- Français une représentation de cette tragédie , telle que Saint- Cyr lui-même, le Saint-Cyr de Louis XIV, n'en avait sans doute jamais vu. Il n'en fut rien; et son triomphe ne put faire de peine aux ombres de Mlle de Veilhenne et de Mme de Caylus. Elle renonça bientôt à ce rôle , qui ne parut pas lui convenir : nous croyons qu'elle ne le joua plus que le 4 et le 9 du mois suivant. On avait, comme en 1721, mutilé la pièce par le retranchement des chœurs, dont l'exécution offre toujours des difficultés sur une scène qui doit emprunter ses chanteurs à d'autres théâtres. En 1864 cependant, le mardi 5 juillet, on eut la bonne pensée de jouer Esther au Théâtre-Français, sans la dépouiller d'un de ses plus beaux ornements. La musique d* Moreau eût semblé de nos jours bien monotone et d'une forme surannée ; on pensa que celle de Plantade ne serait pas trouvée beaucoup plus satisfaisante. M. Jules Cohen, élève d'Halévv, fut chargé de composer la musique des chœurs, qu'exécutèrent les élèves du Conservatoire. On la jngea brillante et variée; mais l'eussions-nous entendue, et fussions-nous compétent, il

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ne conviendrait pas ici de parler d'une œuvre si récente. Les décors , pour lesquels on avait mis à profit toutes les découvertes de l'archéologie et les antiques monuments du Musée assyrien, étaient d'une grande magnificence. Racine n'avait rien rêvé de semblable; et peut-être cette splendeur orientale, ce palais d'Assuérus savamment restauré, ces taureaux symboliques, ces costumes si exacts, toute cette érudition pittoresque lui eussent paru moins en harmonie avec son œuvre, sobre de couleur, que la modeste mise en scène de la maison de Saint-Louis. N'eût-il pas surtout regretté qu'on eût, dans l'intérêt de la musique, mêlé aux compagnes d'Esther quelques jeunes hommes israélites qui ne pouvaient se trouver là, et lui auraient semblé bien étranges au milieu de ces voix virginales que seules il avait voulu faire entendre? Il nous est en vérité plus facile d'ajouter à ces œuvres du dix-septième siècle la couleur asiatique, dont elles se passaient, que d'y conserver celle que leur donnaient des génies préoccupés d'autres pensées et d'autres sentiments que les nôtres. Si ces brillantes représentations d'Esther, qui furent continuées pendant quelque temps, purent donner lieu, comme nous venons de le voir, à quelques critiques, on doit louer rependant cette tentative pour faire revivre, avec tant de pompe, un des chefs-d'œuvre de notre scène. Plusieurs rôles, dit-on, furent très bien rendus. On donna des éloges à la grâce pudique, à la dignité modeste de l'actrice (Mme Favart) chargée de celui d'Esther.

Nous avons, avant de terminer cette notice, à dire quelques mots des tragédies sur le sujet d'Esther, composées avant celle de Racine; nous croyons, il est vrai, qu'il ne s'est guère préoccupé de leur existence; nulle comparaison d'ailleurs entre un chef-d'œuvre et des pièces dont la meilleure ne s'élève pas très-haut ; mais il est curieux de constater que les récits trèsdramatiques du Livre d'Esther avaient tenté de bonne heure et de tout temps les auteurs de tragédies. Plusieurs pièces latines ont été faites sur ce sujet. Le Catalogue de la Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne fait mention d'une Esther de Zevecotius, imprimée en i6a3 à Anvers dans la troisième édition des œuvres poétiques de cet auteur, et d'une autre tragédie publiée aussi à Anvers sous le même titre en 1 563, et composée par Philicinus (Pierre Campson); celle-ci

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est en cinq actes et a un prologue. Dans les Brames sacrés de Naogeorgus (Thomas Kirchmaïer, écrivain protestant), imprimés à Bâle en 1547, nous avons lu un Haman (Hamanus, tragœdia ex libro Hester). Cette tragédie latine a également un prologue, et, comme VEsther de Racine, un chœur; du reste nous retrouvons ce chœur dans la plupart des anciennes tragédies écrites sur le môme sujet. Des passages presque textuels du Livre d1 Esther, bizarrement mêlés à un continuel pastiche du style de Térence, voilà tout ce que nous avons pu remarquer dans ce drame, qui ne fournit aucun rapprochement de détail avec notre tragédie.

Parmi les pièces françaises tirées de l'histoire d'Esther, la première en date que nous ayons trouvée est Y Aman d'André de Rivaudeau, gentilhomme du bas Poitou. Imprimé à Poitiers en i566, il est dédié à Jeanne de Foix, reine de Navarre; c'est une tragédie saincte en cinq actes et en vers. Après la liste des personnages, on lit cette indication : « L'action de la tragédie est establie à Suze, ville capitale de l'empire des Perses. La troupe doit estre des damoiselles et filles servantes de la Royne Esther. » A la fin de chacun des actes il y a un chœur de la troupe des Filles d'Esther. Voilà un rapport avec la tragédie de Racine, le seul qu'on puisse remarquer sans doute. A la marge de divers passages de sa pièce, André de Rivaudeau a pris soin de renvoyer au texte des livres saints, de la Genèse, de X Exode, des 'Nombres, des Rois, etc. Racine ne Ta pas fait; mais un exemplaire de son Esther, dont il est fait mention dans le Catalogue de M. Renouard (tome III, p. 77), porte sur la marge, écrits de la main de l'auteur, les passages de l'Ecriture qu'il avait imités. Admirateur de Ronsard, ami de Remy Belleau, Rivaudeau put bien être goûté à son heure, comme un des ouvriers de la révolution dramatique qui excitait l'enthousiasme de ce temps. Mais du style aujourd'hui ridicule de son Aman, de cette composition sans intérêt, nous ne pourrions rien citer. Après Rivaudeau, nous rencontrons deux disciples de Garnier, Pierre Matthieu et Antoine de Montchrestien, dont l'un a composé une Esther, l'autre un Aman. La tragédie de Pierre Matthieu, principal du collège de Verceil en Piémont, fut, suivant les frères Parfait , représentée en 1578, quelques-uns disent à Besançon avec un grand succès, j

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d'autres sur la place publique deVerceil1. Nous avons vu cette pièce, imprimée à Lyon en i685 2. Elle a un cbœur de princes, un choeur de princesses , un chœur de Juifs. Les chants des chœurs sont divisés, comme ceux des chœurs grecs, en strophes, antistrophes et épodes. La longueur de l'œuvre est démesurée; l'action en est double; car la première partie de la pièce est la répudiation de Vasthi,la seconde la chute d'Aman. Les discours des entre-parleurs sont des amplifications d'une prolixité sans fin. Autant l'art manque à la composition, autant le style est barbare3. Matthieu s'avisa un peu plus tard que de sa longue tragédie il valait mieux en faire deux. Il fit représenter en 1587 et imprimer en i58o, une pièce sous le nom de Vasthi, une autre sous celui d'Aman, formées des débris de son Esther. ,

L' Aman de Montchrestien 4 est bien supérieur, et sans comparaison possible. Le style s'élève quelquefois, et il y brille des*5" éclairs de talent. On reconnaît que le poète, qui finit par passer aux huguenots, s'était nourri de la lecture de la Bible, dont il sentait bien la poésie. Peut-être, en lisant les chœurs de sa pièce, particulièrement celui du premier acte , où la courte durée des prospérités de l'orgueilleux n'est pas trop faiblement

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