‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 379 sur 493 · TROIS ISRAÉLITES · texte numérisé non relu

TROIS ISRAÉLITES

Il nous fait remporter une illustre victoire. 1280 l'une des trois.

Il nous a révélé sa gloire.

TOUTES TROIS ensemble.

Ah ! qui peut avec lui partager notre amour ?

TOUT LE CHOEUR

Que son nom soit béni ; que son nom soit chanté. Que l'on célèbre ses ouvrages

Que ses lois sont aimables !

Que son joug est doux !

[Jephté, acte I, scène v.) — Racine traduit par cette expression : « le joug aimable du Seigneur, » les paroles mêmes de Jésus-Christ (saint Matthieu, xi, 3o) : « Jugum enim meum « suave est, et onus meum levé. » Saint Jean a dit aussi [Éyitre I, chapitre v, verset 3) : « Mandata ejus gravia non sunt. » C'est particulièrement le Nouveau Testament qui a inspiré cette strophe et la suivante ; voyez cependant pour ces paroles : « Que le Seigneur est bon ! » le Psaume cv, verset i : « Confi- « temini Domino; quoniam bonus. »

i . La répétition de ces deux derniers vers ne se trouve pas dans l'impression à part des Chœurs d'Esther,

i. Dans l'édition de 1697 : « il apaise, » faute évidente.

ESTHER

Au delà des temps et des âges , i ?. 8 5

Au delà de F éternité 1 !

I. « Dominus regnabit in seternum et ultra. » [Exode, xv, 18.) — M. Coquerel, dans une note sur ce dernier vers d'Esther, dit que le texte hébreu porte simplement : a Dieu régnera éternellement, à jamais; » et qu'il a été mal rendu par la traduction de la Vulgate, à laquelle d'ailleurs celle des Septante est conforme en cet endroit. Cela se peut ; mais l'hyperbole, poussée dans ce verset jusqu'à l'impossible, jusqu'au contradictoire, n'a dû paraître à Racine ni sans beauté, ni en désaccord avec le génie des langues de l'Orient. Aussi le goût de M. Coquerel semble-t-il admettre volontiers ce que son érudition rejette : « Comme poésie, dit-il, l'expression de Racine est, en un sens, plus imposante que celle qu'il imitait, et termine dignement son poème. »

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