Tome XIV, p. 476. Voyez aussi aux pages 477 et
a. Pour ces noms, et pour ceux des Demoiselles qui chantèrent dans les chœurs, nous renvoyons aux Mémoires du duc de Luvnes. Ce sont des souvenirs qui intéressent seulement les familles.
NOTICE
de Lévi était composé de vingt-six personnes; enfin on en compte treize qui, tour à tour, chantèrent seules. Dans les chœurs, il y avait quelques voix mâles, probablement des voix de jeunes parents des Demoiselles de Saint-Cyr.
Nous retrouvons à Saint-Cyr, plus tard encore, des preuves qu' Athalie n'y était point oubliée. Dans une visite qu'y fit Horace Walpole en 1769, les Demoiselles eurent ordre de chanter pour lui les chœurs de cette tragédie 1 . Dans d'autres pensionnats de jeunes filles, Athalie, comme Esther, même depuis que le théâtre s'en était emparé, fut représentée plus d'une fois. Une lettre de Mme de Simiane écrite à d'Héricourt à la fin de 1736 2 parle d'une de ces représentations que l'on répétait alors dans un couvent de Provence où était élevée sa petite-fille Pouponne (Mlle de Castellane) . Pouponne devait jouer le rôle d'Athalie. Dans une lettre qui suit celle-ci3, Mme de Simiane, à propos du jeu de sa petite-fille, dit quelques mots qui marquent bien la réputation différente laissée dans ce même rôle par Mlle Ducloset par Mlle Lecouvreur : « Le fort de Pouponne, c'est le sentiment.... Les choses qu'elle dit le moins bien, ce sont les simples, et où il ne faut pas de déclamation : c'étoit le triomphe de la Lecouvreur. Pour Pouponne, il lui faut de la fureur, c'est une petite Duel os. »
Revenons au théâtre, et achevons de suite l'histoire de ce qui mérite d'y être signalé dans les représentations Athalie. Après Mlle Lecouvreur, le rôle où elle avait brillé fut longtemps rempli avec un très-grand succès par Mlle Dumesnil ; on y admirait l'énergie terrible de son expression. Mlle Clairon s'y était elle-même essayée quelquefois en l'absence de Mlle Dumesnil, mais, suivant Grimm*, avec peu de succès, «parce que, dit-il, c'est un rôle passionné.... où l'art et le jeu raisonné sont mortels. » Cependant, lorsqu'eurent lieu à Versailles les fêtes du mariage du Dauphin et de la Dauphine en 1770, Mlle Clairon, retirée du théâtre depuis cinq ans, réclama l'hon-