Voyez le livre II des Paralipomènes, xxiv, 17 et
4 . « Zachariœ , filii Barachise , quem occidistis inter templum et a altare. j> (Évangile de saint Matthieu, xxm, 35.) — Il faut noter que
ATHALIE
leur arrivèrent dans la suite*. On prétend même que depuis ce jour-là les réponses de Dieu cessèrent entièrement dans le sanctuaire. C'est ce qui m'a donné lieu de faire prédire tout de suite 2 à Joad et la destruction du temple et la ruine de Jérusalem. Mais comme les prophètes joignent d'ordinaire les consolations aux menaces, et que d'ailleurs il s'agit de mettre sur le trône un des ancêtres du Messie, j'ai pris occasion de faire entrevoir la venue de ce consolateur, après lequel tous les anciens justes soupiroient. Cette scène, qui est une espèce d'épisode , amène très-naturellement la musique , par la
saint Matthieu nomme le père de Zacharie Barachie, et non Joad, comme l'a fait Racine dans sa Préface et dans sa pièce, d'après le texte des Paralipomènes que nous avons cité à la note i de la page précédente. Pour lever la difficulté, on a supposé que Zacharie était le petit-fils de Joad et de Josabeth. Ce degré de parenté est souvent exprimé dans l'Ecriture par le mot fils (voyez ci- après , p. 608, note 1). Lightfoot (tome II, p. 36i) établit que Zacharie, tué entre le temple et l'autel, est le fils {ou petit-fils) de Joïada, non le père de saint Jean-Baptiste, ni le Zacharie qui figure parmi les douze pro • phètes. Il fait remarquer que Josèphe fait mention d'un Zacharie. fils de Barachus (nom presque semblable à celui de Barachias), tué dans le temple, peu de temps avant la destruction de ce temple ; mais il n'admet pas que le Christ ait voulu parler de lui prophétiquement, puisqu'il rappelle expressément des événements passés (içoveuaocce, occidistis). Voyez d'ailleurs Isaïe, chapitre vin, verset 2.
1. On lit dans les Notes manuscrites sur Athalie : « Depuis le meurtre de Zacharie, sanguis attigit sanguinem, l'état des Juifs a toujours été en dépérissant. (V. Lichf., tome II, p. 36i); Gladius vester exedit prophetas vestros (p. 363). » — Ce n'est pas à la page 36i, mais à la page 363 que Lightfoot dit : « Consul e rimatius historiam, « ac palam deprehendes ex illo fluere ac rétro sublapsa referri omnia « Judœorum; cwaa. sanguis sahguinem attingeret. » Il renvoie pour cette dernière citation à Osée, iv, 2 : «.Sanguis sanguinem tetigit. j> Il cite en même temps Jérémie, 11, 3o, pour ces paroles : « Gladius vester « exedit prophetas vestros, » un peu différemment traduits dans la Vulgate.
2. Tout de suite est le texte de toutes les anciennes éditions; dans quelques éditions modernes, on a imprimé : de suite.
PRÉFACE
coutume qu'avoient plusieurs prophètes d'entrer dans leurs saints transports au son des instruments. Témoin cette troupe de prophètes qui vinrent au-devant de Saûl avec des harpes et des lyres qu'on portoit devant eux1, et témoin Elisée lui-même, qui étant consulté sur l'avenir par le roi de Juda et par le roi d'Israël , dit , comme fait ici Joad lAdducite mi/ii psaltem2 . Ajoutez à cela que cette prophétie sert beaucoup à augmenter le trouble dans la pièce, par la consternation et par les différents mouvements où elle jette le chœur et les principaux acteurs.
E. Au chapitre x, verset 5 du livre I des Rois, Samuel dit à Saùl : « Obvium habebis gregem prophetarum descendentium de excelso, « et ante eos psalterium et tympanum, et tibiara, et citbaram, ipsos- « que prophetantes. »
a. a Faites-moi venir un joueur de harpe. » (Livre IF des Rois, m, i5.) Les éditions de 1691 et de 1692 ont psalten.