ACTE III, SCÈNE I
La suite et l'appareil qui vous est destiné. Arbate , à cet hymen chargé de vous conduire , De votre obéissance aura soin de m1 instruire. Allez , et soutenant l'honneur de vos aïeux , Dans cet embrassement recevez mes adieux .
PHARNACE
Seigneur....
MITHRIDATE
Ma volonté, Prince, vous doit suffire.
Obéissez. C'est trop vous le faire redire.
PHARNACE
Seigneur , si pour vous plaire il ne faut que périr , Plus ardent qu'aucun autre on m'y verra courir. Combattant à vos yeux, permettez que je meure.
Je vous ai commandé de partir tout à l'heure ; Mais après ce moment — Prince, vous m'entendez Et vous êtes perdu si vous me répondez.
PHARNACE
Dussiez-vous présenter mille morts à ma vue 1 , Je ne saurois chercher une fille inconnue. Ma vie est en vos mains.
MITHRIDATE
Ah ! c'est où je t'attends.
Tu ne saurois partir, perfide, et je t'entends. Je sais pourquoi tu fuis l'hymen où je t'envoie : Il te fâche en ces lieux d'abandonner ta proie ; Monime te retient. Ton amour criminel Prétendoit l'arracher à l'hymen paternel. Ni l'ardeur dont tu sais que je f ai recherchée, Ni déjà sur son front ma couronne attachée, Ni cet asile même où je la fais garder,
l.Var. Seigneur, dût-on offrir mille morts à ma vue. (1673-87) J. Racine, m
MITHRIDATE
Ni mon juste courroux n'ont pu t'intimider.
Traître , pour les Romains tes lâches complaisances
IN'étoient pas à mes yeux d'assez noires offenses : 980
Il te manquoit encor ces perfides amours
Pour être le supplice et l'horreur de mes jours.
Loin de t'en repentir, je vois sur ton visage
Que ta confusion ne part que de ta rage :
Il te tarde déjà qu'échappé de mes mains 98 5
Tu ne coures me perdre, et me vendre aux Romains.
Mais avant que partir, je me ferai justice :
Je te l'ai dit.