ACTE II, SCENE IX
Ne verront point l'éternelle splendeur.
C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles 8 3o
Tes clartés immortelles ; C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.
UNE VOIX seule.
De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge , Que leur restera-t-il ? Ce qui reste d'un songe
Dont on a reconnu l'erreur. 3 3
A leur réveil , ô réveil plein d'horreur 1 !
Pendant que le pauvre à ta table Goûtera de ta paix la douceur ineffable , Ils boiront dans la coupe affreuse , inépuisable , Que tu présenteras au jour de ta fureur 840
A toute la race coupable 2 .
TOUT LE CHOEUR
O réveil plein d'horreur !
O songe peu durable !
O dangereuse erreur !
1. On peut rapprocher de ces vers ceux de J. B. Rousseau (livre I, ode vu) :
Comment tmt de grandeur s'est-elle évanouie?... Dans un sommeil profond ils ont passé leur vie , Et la mort a fait leur réveil.
Racine a sans doute imité, surtout ;mx vers 834 et 835, le Psaume lxxii, verset 20 : 0 Velut somnium surgentium, Domine, in civitate tua imaginem « ipsorum ad nihilum rédiges. » C'est de ce même psaume que s'est inspiré J. B. Rousseau.
2. a Calix in manu Domini vini meri plenus misto.... Faex ejus non est a exinanita : bibent omnes peccatores terrœ. » (Psaume lxxiv, 9.) — « Bioc bisti de manu Domini calicem irae ejus. » (Isaie^ lt, 17«)
FIN DU SECOND ACTE
ATHALIE